L’incroyable potentiel de bienfaisance des robots souligné par une étude européenne

avatar Altergo social

Dans le cadre du projet européen Alterego, une étude menée conjointement par les universités de Bristol, Montpellier, Exerer et Naples et publiée dans le journal de la Royal Society britannique, montre que les humanoïdes pourraient bien surmonter les défis de santé posés notamment par le vieillissement généralisé de la population.

Un alter ego pour la réhabilitation psychosociale

Le projet Altergo fait partie des 17 projets vainqueurs d’un appel à projet européens en sciences cognitives et robotique. Lancé en 2012 par la Commission Européenne, ce projet disposant de 3 millions d’euros de fonds, est mené conjointement par le centre EuroMov et l’Université de Montpellier, ainsi que des spécialistes d’autres universités européennes, comprenant des mathématiciens, des roboticiens, des psychologues et des psychiatres.

Les conclusions du rapport européen sur les interactions socio-moteurs sont tombées. Les robots humanoïdes et les avatars numériques pourraient considérablement aider les personnes atteintes de troubles sociaux, d’autisme ou de schizophrénie. Fondée sur la théorie de la similarité, la thèse de l’avatar comme possible compagnon de curation, semble prouver son efficacité. Du moins c’est ce qu’indique l’article publié dans le Journal de la Royal Society.

Avatar alterego

Partant du constat que des joueurs qui partageaient une même gestuelle et technique avaient tendance à mieux se coordonner, l’équipe de scientifiques européens a transposé ses analyses au domaine médical et a donc créé des doubles virtuels pour ses patients. L’avatar agit comme un alter ego, conçu pour ressembler au patient et bouger exactement comme lui, et stimuler son attachement.

L’expérience se déroule comme suit : le patient est mis face à face avec un robot ou un avatar avec lequel il joue au jeu du miroir (les deux joueurs tentent de copier les mouvements de leur partenaire). Au fil du temps, le double virtuel est progressivement modifié pour être de moins en moins similaire à son original, favorisant ainsi le processus de réhabilitation sociale. En d’autres termes, les chercheurs ont mis au jour un phénomène de plasticité des mouvements chez les humains, c’est à dire, que lorsqu’ils interagissent avec d’autres individus, les humains sont en réalité prêts à modifier leur signature moteur personnelle (IMS) pour s’adapter à celle de leur partenaire.

Pour aider les personnes qui ont du mal à se coordonner, le robot ou avatar imite dans un premier temps très exactement la signature moteur de son partenaire humain pour que celui-ci n’éprouve aucune difficulté à l’imiter en retour. Petit à petit, le robot altère quelque peu la nature de ses mouvements, jusqu’à se détacher complètement de ceux de son partenaire humain. Et au bout du compte, l’humain qui éprouvait des difficultés à se coordonner avec une personne inconnue parvient à surmonter ce handicap en développant une capacité d’adaptation plus grande. Une expérience scientifique qui devrait déboucher prochainement sur la fabrication de robots et d’avatars pour faciliter la réhabilitation sociale des individus atteints de troubles sociaux.

Un reportage diffusé sur France 5 portant sur la schizophrénie :

Pour plus d’informations sur l’expérience Alterego, lire l’article de recherche.

Les robots au secours du troisième âge

On l’appelle le Silver Age, cet âge d’argent dans lequel les personnes âgées représenteront un tiers des 79 millions d’habitants que comptera la France en 2050 selon l’INSEE. De même, l’institut de statistiques prévoit un doublement de la population des plus de 85 entre 2005 et 2020. Des nouvelles conditions démographiques avec lesquelles il nous faudra apprendre à composer. Outre la nécessaire refonte du système des retraites, le vieillissement de la population apporte son lot de bouleversements, aussi bien sociaux, économiques que sanitaires. Quelle part représenteront les personnes âgés dans les consommateurs ? Comment les aiderons-nous à faciliter leur train de vie quotidien ? Toutes ces questions trouveront peut-être une réponse dans les nouvelles technologies. De nombreuses innovations tentent déjà d’y répondre. Petit tour d’horizon.

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Mobot, le robot assistant

Le projet MOBOT (MObility Assistance RoBOT) auquel participe l’INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et Automatique) vise à assister les personnes qui éprouvent des difficultés à se déplacer. Les institutions européennes estiment à 9 millions le nombre d’européens qui ont du mal à se lever du lit. MOBOT est censé aider les humains à se lever, s’asseoir ou à se déplacer. Pas sûr cependant que ce type de robot l’emporte sur les exosquelettes… C’est d’ailleurs ce que propose intelligemment le projet AXO-Suit, qui associe 3 universités et 5 entreprises dans le cadre du programme européen Ambient Assisted Living.

awo-suit

Zora, fidèle compagnon

Zora est un logiciel à intégrer directement sur les petits Nao d’Aldebaran voués à devenir le compagnon de route des personnes âgées. Sa mission n’est pas d’assister directement les personnes âgées comme le fait MOBOT, mais de les divertir et de leur tenir compagnie.

L’entreprise belge à l’origine du programme en a déjà vendu 200 à travers le monde. Il tient compagnie dans les centres médicaux, les écoles mais aussi aux domiciles des seniors. Elle vise déjà à investir le marché de la distribution et de l’hôtellerie. ZORA est le fruit d’un partenariat entre Zora Bots et Aldebaran pour la conception de Nao. Il pèse 5.7 kg pour 57 cm, et se contrôle par une tablette. Il peut donner des thérapies, lire le programme TV, les prévisions météo ou les informations locales. Bref, le compagnon idéal des personnes trop souvent isolées.

Nao Zora robot d'aide aux personnes âgées

Giraff et la visio-conférence

La téléprésence est encore une autre approche de l’assistance aux personnes âgées. Avoir la compagnie de Zora, et pouvoir faire les déplacments nécessaires avec MOBOT est une chose, mais Giraff est un robot de téléprésence qui permet aux proches de rester en contact visuel. La Giraff c’est en gros un système de visio-conférence sur roues. Cela ne remplacera pas le vrai contact humain, mais quels grands-parents diraient non à plusieurs visites par jour de leurs petits-enfants ?


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