L’intelligence artificielle ROSS embauchée par le cabinet d’avocats BakerHostetler

Pour son centième anniversaire, le cabinet d’avocats BakerHostetler, a marqué son entrée dans une nouvelle ère, celle de l’automatisation. Le cabinet a fait l’acquisition du super-avocat ROSS, une intelligence artificielle spécialisée dans le domaine juridique.

Qui mieux qu’une machine pour avaler les tonnes de pages du Code Pénal et du Code Civil ? Qui mieux qu’une intelligence artificielle pour analyser en un temps record tout litige, tout problème juridique, et sortir l’article de loi qui y répond spécifiquement ? Sur ce point, nul doute, la machine sera beaucoup plus compétente qu’un homme, limité par sa mémoire et sa capacité à connecter les souvenirs. Néanmoins, il subsiste la problématique de l’interprétation de la loi. Un robot ne saura ni ne pourra faire jurisprudence. Comme pour toute avancée en robotique et automatisation, le robot ne fera office que d’instrument. Il ne restera qu’un moyen pour arriver à une fin, au même titre qu’une calculatrice pour effectuer un calcul, ou une visseuse pour monter une charpente.

Le programme ROSS est en développement depuis 2014 à l’Université de Toronto. En Juin 2015, l’entreprise reçoit le soutien de l’accélérateur de start-up Y Combinator et déménage à Palo Alto, QG de la Silicon Valley. Sa plate-forme ROSS est équipée de l’intelligence artificielle IBM Watson. Grâce à la précision de l’ordinateur cognitif, un avocat pourra faire appel à ROSS dans un langage des plus naturels, poser ses questions et obtenir ses réponses en un temps record, du type « est-ce qu’une entreprise en faillite peut-elle toujours faire des affaires » ?

Ross a non seulement appris par cœur la constitution et les codes de loi, mais il est également instantanément mis au fait des dernières modifications législatives et des dernières décisions de justice. De telle manière qu’il peut permettre à son utilisateur de trouver la réponse parfaite à son cas spécifique, en prenant en compte les dernières évolutions du droit. D’autant plus que le programme apprend à mesure qu’on lui pose des questions (et qu’il apporte des réponses).

Mais la force de ROSS réside avant tout dans sa capacité à lire le langage juridique. « Les décisions des juges sont écrites dans un langage ordinaire et ne sont évidemment pas écrites sous forme de tableur informatique, pourtant la plus digeste pour tout ordinateur » explique Andrew Arruda, CEO et co-fondateur de l’entreprise. Et c’est là que les capacités cognitives exceptionnelles d’IBM Watson remplissent leur mission, elles permettent à un programme informatique de lire des données non rangées et donc -relativement- désordonnées. Relativement, car les décisions de justice suivent toujours un protocole bien défini, c’est pourquoi l’IA s’y sent comme un poisson dans l’eau.

Ainsi, ROSS n’est pas voué à remplacer l’avocat mais plutôt ses assistants juridiques qui livrent bien souvent un éprouvant travail, mais néanmoins nécessaire, pour étudier toutes les possibilités et toutes les failles potentielles de son argumentaire et ainsi éviter toute déconvenue le jour du procès, si procès il y a. Une opportunité en or pour ce cabinet qui figure dans le classement Am Law 100 et qui compte bien y rester, et ce en utilisant tous les moyens, mêmes disruptifs. « Chez BakerHostetler, nous pensons que les nouvelles technologies comme l’informatique cognitive et les autres formes de machine learning permettent d’enrichir les services que nous proposons à nos clients » a expliqué Bob Craig, patron du département Information du cabinet. De l’autre côté, Andrew Arruda a félicité « l’engagement du cabinet pour l’avenir de la pratique juridique, qui s’assurera de fournir un service des plus irréprochables à ses clients », même si BakerHostetler est l’un « des premiers à avoir expérimenté ROSS dès ses tout débuts, nous sommes fiers de nous associer à l’un des vrais leaders du secteur pour continuer à développer des assistants juridiques« .

Des assistants qui devraient pouvoir petit à petit se rendre utiles dans bien des secteurs du droit américain, car BakerHostetler officie dans cinq grands domaines : les affaires, le travail, le droit d’auteur, les litiges et les impôts. Il compte par ailleurs plus de 900 avocats répartis dans 14 bureaux qui s’étalent d’ouest en est du pays. Le cabinet a plus récemment construit sa réputation en parvenant à récupérer plus de 700$ millions pour les victimes de la chaîne de Ponzi élaborée par Bernard Madoff, condamné à la peine maximale de 150 ans de prison en 2009.


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