Livraison par drones : Amazon fera ses premiers essais au Royaume-Uni

amazon-prime-air-2016

Le géant du e-commerce Amazon et sa division Prime Air signent un partenariat avec l’autorité de régulation aérienne britannique pour mener les premiers essais de livraison par drones.

A peine 7-eleven a-t-il testé pour la première fois la livraison d’un colis alimentaire approuvé par la FAA que le principal acteur du secteur, Amazon, lui emboîte le pas, ou bien est-ce l’inverse ?

Dans tous les cas, le géant du commerce électronique a riposté de plus belle. Celui qui avait surpris bien du monde en annonçant son programme de R&D pour une solution de drone de livraison, vient tout juste de signer un partenariat de taille avec le gouvernement britannique. La firme de Seattle décroche ainsi le sésame pour expérimenter les drones Prime Air.

Et le plus étonnant dans cette histoire, c’est qu’Amazon, groupe privé, roi de la logistique et de la livraison des produits qu’il vend signe là une alliance avec une organisation publique. Ce ne sont donc pas les produits vendus sur sa plate-forme qu’elle livrera, du moins pas directement, mais bien les paquets qui transitent par les services postaux.

C’est avec l’Autorité de l’Aviation Civile britannique que l’américain réalisera ses premiers essais pour valider trois innovations clés : opérations hors champ de vue dans des zones rurales et péri-urbaines, performances des capteurs d’obstacles et vol simultané de plusieurs drones pilotés par un seul et unique opérateur. Le Royaume-Uni, à l’instar de la France, figure parmi les premiers pays à avoir légiféré sur les drones. Aussi, des règles strictes y sont appliquées quant à leur utilisation dans l’espace aérien national. C’est probablement la raison pour laquelle Amazon a opté pour un partenaire britannique plutôt qu’américain, d’autant plus que les nouvelles règles de la FAA pour les engins professionnels n’ont été publiées que le mois dernier. Dans une interview accordée à Yahoo Tech, Misener expliquait d’ailleurs que le principal enjeu n’était plus de concevoir une technologie efficace, mais de convaincre les autorités régulatrices qu’elle l’est. Mais ce n’est pas gagné, car l’objectif d’Amazon est clair et net : il veut pouvoir délivrer des colis en moins de 30 minutes dans un rayon de 10 miles. Comprendre, 30 minutes entre le moment de validation de la commande en ligne et la livraison effective. Un défi technique qu’Amazon ne semble pas avoir peur de relever. Mais les résistances se font du côté des régulateurs aériens. Pour convaincre la FAA, le géant du web a établi un nouveau modèle de vol pour assurer que les drones de livraison n’entrent jamais en collision avec le trafic aérien établi.

fly-zone-amazon

La firme a même établi un classement des différents types de drones selon leur type de fonctionnement et leur potentiel d’accession au ciel.

amazon-drone-livraison

« Cela fait un bon moment que nous travaillons sur la R&D de Prime Air » explique Paul Misener, vice-président de l’innovation d’Amazon, dans un communiqué. A travers cette alliance, il voit la première étape « vers l’utilisation de drones pour livrer efficacement des colis en 30 minutes aux clients britanniques et du monde entier« . Et pour cause, l’américain travaille depuis au moins trois ans sur des prototypes de drones de livraison, dont le dernier a été dévoilé en 2015. Un modèle beaucoup plus sophistiqué, du moins en apparence, que son prédécesseur, très semblable aux quadricoptères standards. Lors de la première annonce de Prime Air, le drone devait prendre du service dès 2015. Or nous sommes en 2016, et Amazon s’apprête tout juste à commencer les essais.

Des essais qu’il fera donc avec son nouveau modèle, qui a tout d’un avion miniature. A l’image du Open-source Drone du 3DExperience Lab de Dassault Systèmes (découvrir notre visite ici), ce nouvel engin combine le décollage à la verticale de l’hélicoptère à la planitude de l’avion. Le but étant évidemment d’améliorer encore et toujours les performances de vol mais aussi la sécurité de ces engins qui voleront en zone habitée. Du côté du gouvernement britannique l’intérêt de cette collaboration est de pouvoir profiter de l’avis éclairé d’un acteur du secteur, et futur acteur majeur : « nous voulons donner un tremplin à l’innovation qui naîtra de cette technologie en intégrant les drones dans notre système d’aviation global. Ces tests nous aideront à mieux rédiger nos futures réglementations » explique Tim Johnson, directeur de la réglementation du CAA.

Ultime pied de nez à la FAA qui a toujours refusé l’autorisation de vol à Amazon, Misener insiste sur l’incroyable opportunité offerte par ce mode de livraison qui « permettra d’améliorer l’expérience utilisateur, crééra de nouveaux emplois dans une industrie en pleine croissance qui inventera de nouveaux modes de livraison dans le futur« . D’après lui, « le Royaume-Uni ouvre la voie vers une technologie qui bénéficiera au consommateur, à l’industrie et à la société« .

En janvier, à la question « Qu’est-ce qui arrivera si toute la technologie est prête mais que la FAA ne veut toujours pas statuer sur cette affaire ? » Misener avait répondu « Et bien, nous avons des clients sur toute la planète. Il n’y a aucune raison pour que les Etats-Unis soient les premiers. Mais nous espérons qu’ils le soient« .

prime-air_01

prime-air_03


Laisser un commentaire