Lo and Behold, le film qui déconstruit le monde connecté

robot tiré du film Lo and Behold

Le réalisateur Werner Herzog revient avec un alléchant documentaire intitulé Lo and Behold qui explore les origines, promesses et bouleversements de l’Internet.

Un périple aux origines de l’Internet

Le projet Lo and Behold : Reveries of a connected world est né dans la tête de Jim McNiel, patron de NetScout. Cette entreprise d’informatique est productrice exécutive du film et accessoirement l’un des leaders des solutions de performances de réseau et de données. Pour réaliser ce documentaire, elle s’est tournée vers Werner Herzog. Et pourtant rien ne semblait s’y prêter. Car Herzog est tout sauf un millenial. Né durant la seconde guerre mondiale, cet allemand n’a passé son premier coup de fil qu’à l’âge de 17 ans et ne possède, à ce jour, toujours pas de téléphone portable.

Né à Munich en 1942, ce bavarois qui a étudié l’histoire et la littérature allemande est aujourd’hui l’un des grands noms du cinéma. Il a réalisé son tout premier film à l’âge de 19 ans. Depuis, il a produit ou réalisé une soixantaine de films. Parmi lesquels, Nosferatu, le documentaire La grotte des rêves perdus et Fitzcarraldo pour lequel il a reçu le prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1982.

Alors pourquoi mettre Herzog aux commandes d’un tel documentaire ? Il s’avère qu’il a réalisé un clip de prévention routière pour la société d’informatique At&T qui a connu un succès considérable sur internet et dans les écoles. NetScout a été séduit par l’impact que le film a eu sur les esprits. Selon McNiel, « si vous n’avez vu ce film et que vous avez des amis ou des enfants qui envoient des SMS au volant, je vous encourage à le faire car vous ne serez plus jamais le même« . L’objectif est donc de réitérer cet exploit pour internet. Aujourd’hui tout le monde baigne dans internet et les téléphones mobiles, sans que personne ne sache vraiment trop comment nous en sommes arrivés là. L’idée était donc de retracer l’histoire d’internet, pourquoi il a été inventé, quelles ont été ses applications majeures, ses erreurs, ses bienfaits.

La bande-annonce officielle s’ouvre sur une scène symbolique. Herzog rend visite à Leonard Kleinork, professeur à l’Université de Californie à Los Angeles, qui lui ouvre les portes de la salle 3420. Dans cette pièce qui semble déjà appartenir à un autre temps, le narrateur exprime tout sont dégoût et sa répulsion. Pourtant, c’est dans cette salle sacrée qu’ont été jetées les premières graines de l’Internet, en 1969, avec une machine encastrée dans un boitier en métal.

ted nelson dans al salle 3420 de l'UCLA

affiche du film Lo and behold

« Herzog emmène le spectateur dans des conversations provocatrices qui mettent au jour les transformations apportées par le monde connecté au monde réel, et tout ce qui le fait fonctionner – des entreprises à la santé, en passant par l’éducation et le voyage spatial au cœur même de nos relations personnelles« . Werner Herzog, en reclus du monde virtuel, propose un point de vue presque naïf sur l’internet qu’il ne connaît pas ou peu. Le réalisateur n’a pas téléphone portable et il n’a émis que quatre tweets sur son compte en quatre ans.

A travers ce documentaire, Herzog explore le passé mais aussi le futur de l’Internet. Ses promesses, ses fantasmes et ses cauchemards. C’est un fabuleux voyage dans les quatre coins de la toile que le film nous propose. Une interview d’Elon Musk, fondateur de Paypal, première plate-forme de paiment en ligne, mais aussi de Tesla Motors, fabricant de l’unes des premières voitures autonomes, et bien entendu de SpaceX, la compagnie d’aérospatiale qui entend coloniser la planète Mars. On marque également un arrêt dans le laboratoire de robotique de Carnegie Mellon puis un détour pour rendre visite à Ted Nelson, un sociologue américain spécialisé dans les technologies de l’information et à qui l’on doit l’invention de l’hypertexte, avant même l’invention du premier protocole HTTP.

En attendant la sortie du film sur les plate-formes de diffusion en ligne le 19 août prochain, voici la bande-annonce ainsi qu’un passage du film consacré au futur du sport.


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