SoftBank va ouvrir sa première boutique gérée par des robots humanoïdes

A l’occasion du World Pepper 2016, la grand-messe de la robotique organisé par SoftBank, l’opérateur de téléphonie nippon a annoncé vouloir ouvrir une boutique éphémère gérée par ses robots entre le 28 mars et le 3 avril prochains.

On connaissait déjà l’hôtel géré par des robots, pas tout à fait à l’image de l’être humain… On connaissait déjà les robots auxiliaires de vie développés par NTT, premier opérateur du pays. Mais son rival Softbank a franchi un nouveau pas en décidant d’importer ses robots assistants dans l’une de ses boutiques de téléphonie.

Magasin Softbank avec des robots

Du 28 mars au 3 avril, dans un magasin tokyoïte du centre commercial Omotesando, cinq robots Pepper fabriqués par le français Aldebaran accompagneront les clients dans leur démarche. Bien que l’événement ne constitue pas une première (l’entreprise ayant déjà agrémenté ses magasins de robots par le passé) il s’agit bien d’une nouvelle avancée dans l’automatisation des services. Concurrencé par des Google, Facebook et autres géants américains qui s’intéressent de plus en plus à l’intelligence artificielle, le Japon entend bien confirmer sa place de leader mondial de la robotique depuis la création par Honda du robot humanoïde ASIMO… en 1993.

Sa particularité ?

Pour 1m20, 28 kg et environ 1500 euros, le dénommé Pepper, qui s’était écoulé à plus de 1000 exemplaires en une minute lors de son lancement en juin dernier, avait déjà défrayé la chronique par sa capacité à imiter les émotions humaines. Depuis, le succès perdure. Chaque mois, les 1000 unités mises en vente par le constructeur sont écoulées, soit plus de 6000 unités au total. La force de ce robot ? C’est son étonnante ressemblance avec l’être humain. Les experts le soutiennent, plus un robot nous ressemble, plus ses chances d’être bien accueilli sont grandes.

Spécialement développé pour interagir avec les humains, Pepper marche dans les traces de son grand frère NAO et se démarque par sa capacité à analyser son interlocuteur et à lui répondre en conséquence comme expliqué sur le site de l’entreprise :

« Pepper a été conçu pour identifier vos émotions et choisir le meilleur comportement à adopter en fonction de la situation. A partir de votre voix, de l’expression de votre visage, de votre gestuelle et des mots que vous employez, Pepper interprète votre émotion et vous propose un contenu adapté. Il va aussi répondre personnellement à l’ambiance du moment en s’exprimant via la couleur de ses yeux, sa tablette ou la tonalité de sa voix. »

En digne héritier de R2D2, l’humanoïde peut donc à l’instar de ses créateurs, s’exprimer par différents langages : gestuel, oral et par une palette de couleurs traduisant son humeur.

Sa mission ?

Avec ses grands yeux ronds et sa voix mignonne, le robot-serviteur devra alpaguer le client, le renseigner et l’aider à remplir son contrat d’achat de smartphone. Des humains l’assisteront dans sa mission, mais uniquement au moment de la vérification d’identité.  Doté d’un écran tactile, le robot sert à la fois d’interlocuteur et de machine d’enregistrement. Sa force c’est aussi d’être évolutif. Non seulement il peut communiquer et effectuer des tâches mais il peut surtout apprendre de vous en accumulant des données et donc s’adapter à différentes situations et en tenant compte de l’évolution de votre interaction avec ledit robot. « Votre robot évolue avec vous. Petit à petit, Pepper mémorise vos traits de personnalité, vos préférences et s’adapte à vos goûts et vos habitudes. » peut-on encore lire sur sa fiche descriptive.

Un marché encore relativement vierge.

Si les robots ont déjà envahi nos usines, nos cuisines et nos téléphones, c’est une toute autre histoire que de mettre ces petits bijoux de technologies en contact direct avec les clients. Aujourd’hui, la robotique offre de remarquables opportunités commerciales pour les multinationales qui lorgnent des gains de compétitivité mais aussi un marché d’avenir. C’est pourquoi de nombreuses s’y attellent déjà depuis des années. Mais comme pour la voiture autonome, les contraintes matérielles et juridiques, et les normes de sécurité sont telles qu’elles freinent considérablement la commercialisation de ces nouveaux outils. C’est pourquoi SoftBank a décidé de lancer. En Europe, c’est Carrefour qui lance les hostilités avec l’introduction de 4 Pepper dans un magasin de Claye-Souilly, en Seine-et-Marne.

Vers un remplacement du travail humain ?

Selon un sondage réalisé par L’Institut Odoxa pour Syntec Numérique, 67% des français, se déclarent désormais favorable. A l’inverse, une étude menée en 2013 par deux chercheurs américains de l’Université d’Oxford pointe du doigt les menaces que fait peser l’automatisation sur l’emploi. Selon eux, 47% des emplois américains pourraient être remplacés par un robot. Peut-être vivrons-nous un jour dans l’oisiveté, abandonnant le labeur à nos créations humanoïdes, à condition bien sûr, que celles-ci ne ne soient pas victimes de la colère humaine comme ce Pepper agressé dans une boutique SoftBank en septembre dernier.

Crédits photo : Hitoshi Yamada/Nurphoto, Kyodo/Associated Press


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  1. L

    À l'instar de 67% des français, je me déclare désormais favorable.

  2. Rag'd

    Ça me paraît prématuré. Les Japonais ont tendances à être trop optimistes sur la capacité des robots actuels.