L’un des premiers humanoïdes de l’Histoire pourrait connaître une seconde vie

Le Science Museum de Londres entend bien ressortir les vis et les boulons pour remettre sur pied Eric, l’un des tous premiers robots humanoïdes de l’Histoire, qui devrait figurer dans l’exposition « Robots » qui se tiendra en février 2017.

Nous sommes en 1928. Un an après la sortie du désormais culte Metropolis de Fritz Lang, Eric, le premier humanoïde de l’Histoire fait ses premiers pas à l’occasion du Model Engineering Exhibition de Londres. Eric est un tas de féraille qui tient plus du robot du Magicien d’Oz que des replicants de Blade Runner ou des androïdes de la saga Alien. Conçu par le Capitaine W.H Richards, vétéran de la Grande Guerre et A.H Reffel, un ingénieur moteurs, Eric a été fabriqué moins de dix années après l’apparition du terme robot, inventé par le dramaturge tchèque Karel Čapek. Le terme renvoyait au nom d’une pièce de l’écrivain intitulée Rossumovi Univerzalni Roboti (Les robots universels de Rossum). C’est la raison pour laquelle on peut trouver le sigle R.U.R sur le torse d’Eric.

L’humanoïde était composé d’une armure en aluminium et pesait 45 kg seulement. Ses yeux étaient constitués d’ampoules et sa bouche pouvait cracher des étincelles bleuâtres lorsqu’on lui envoyait une décharge de plus de 35 000 volts. Le capitaine W.H Richards a produit plusieurs humanoïdes, dont George, version améliorée d’Eric, fabriquée en 1932 et qui pouvait parler chinois, indien et français si l’on en croit les articles de l’époque.

Le robot Eric en 1928

George, le petit frère amélioré de Eric le robot

Caractéristiques du robot Eric

Il a fait sa première apparition en public avec un « discours particulièrement brillant » de quatre minutes, impliquant des mouvements de tête et de bras. Il ne pouvait pas marcher, ses pieds étant rattachés à un socle destiné à assurer l’alimentation de l’automate. Mais il a très vite conquis la planète en partant en tournée à travers l’Europe et de l’autre côté de l’Atlantique. Et puis, Eric a disparu. Personne ne sait vraiment ce qu’il est advenu du robot. Dans un article du quotidien australien The Age daté de 1935, il est même indiqué qu’Eric se serait fait tirer dessus par le gérant d’un théâtre New Yorkais.

Eric a été créé pour assurer l’inauguration de l’Exposition des Ingénieurs de Londres, et il sera recréé pour intégrer le parcours de l’exposition Robots, prévue pour février 2017. Une exposition qui a pour ambition de retracer l’évolution des robots à travers le temps. Elle dévoilera une collection d’une centaine de robots construits ces 500 dernières années. Douze d’entre eux seront mis à disposition des visiteurs pour interagir avec eux.

« L’exposition explore l’obssession de l’Homme pour sa reproduction, pas seulement à travers la peinture et le marbre mais aussi en métal » précise Ian Blatchford, directeur du Science Museum pour expliquer la créativité humaine dans ce domaine. Une obsession pour l’anthropomorphisme que l’exposition Persona du Quai Branly a su très justement retranscrire.

Selon Mr Blatchford « admirer les robots à travers le regard de leurs créateurs et de leurs détracteurs d’alors en dit long sur les espoirs, les craintes et les rêves de l’humanité« . L’artiste-roboticien Giles Walker a été chargé de refabriquer cette relique de la machinerie pour l’exposition qui doit se tenir dans moins d’un an. Pour ce faire, le Science Museum of London doit rassembler 45 000 € en un mois. C’est pourquoi le musée a besoin de votre aide. En contrepartie, vous pourrez recevoir des t-shirts et sacs à l’effigie d’Eric et même concevoir votre propre mini-robot en pièces de métal.

Parmi les vedettes de l’exposition Robots, vous pourrez compter sur la présence d’un automate de fer datant du XVIe siècle, mais aussi de Cygan un robot des années 1950, ainsi que de l’un des premiers robots bipèdes capables de marcher.

cygan-science-museum

 


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