Du matériel imprimé en 3D pour l’U.S. Navy ?

Les imprimantes 3D ouvrent des perspectives incroyables et poussent les limites de notre imagination à tel point que même l’U.S. Navy voit en elles un moyen de révolutionner la logistique militaire marine. C’est le magazine Armed Forces Journal qui le rapporte.

Neil Gershenfeld du Massachusetts Institute of Technology le dit : « l’imprimante 3-D permet de partir de la chose et d’aller vers la data, puis repartir de la data vers la chose« . Pour la Navy, cette technologie pourrait permettre de transcrire la totalité de leur stock de matériel physique en données numériques. Au lieu d’avoir à transporter des quantités démesurées de matériel, elle pourrait s’équiper à bord d’imprimantes 3D, et imprimer les produits dont elle a besoin au moment opportun.

Les Agences Spatiales ont compris l’intérêt depuis bien longtemps et rêvent d’envoyer des imprimantes 3D dans l’espace. Les contraintes de l’U.S. Navy sont similaires à celle de la NASA ou l’ESA : organiser au mieux la logistique dans des environnements restreints (navire, sous-marin, station spatiale…), éloignés de tout contact terrestre, et sur une longue durée. Pour ce faire, elle pourrait réquisitionner certains navires de transport maritime militaire afin de les transformer en imprimeries flottantes d’objets en 3D. Les Marines pourraient commander leur impression en envoyant simplement un message ou le modèle 3D qu’ils souhaitent voire réaliser.

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De nombreuses possibilités

Certains laboratoires de recherche pourraient même pousser un peu plus loin l’idée si leur projet de drone aérien imprimé en 3D s’avérait fiable et fonctionnel. Comme ces chercheurs de l’Université de Southampton qui ont fait volé le premier UAV imprimé en 3D de l’histoire, ou ces étudiants du Virginia Tech Lab qui en ont fabriqué un pilotable depuis un Android, qui se plie et se transporte dans un sac à dos.

D’autres pensent déjà à imprimer des munitions en 3D… Et oui, puisqu’il est désormais possible d’imprimer chez soi une arme à feu en 3D (mais on vous le déconseille fortement), pourquoi ne pas imaginer des projectiles à imprimer ?

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Ou encore, l’idée de créer à partir de ces machines des pièces de rechange pour les appareils en vol n’est pas une idée incongrue. Boeing et Lockheed Martin le font déjà : Boeing utilise près de 22 000 pièces imprimées sur ses appareils et le F-35 de Lockheed en comporte également.

Les craintes sur les objets imprimés en 3-D

Ce qui est formidable avec cette technologie, c’est qu’une fois qu’un modèle est créé, il peut circuler entre les mains de tous, et chacun peut l’imprimer à son tour. C’est bien ça qui fait peur aux hautes autorités. En plus des problèmes de propriété intellectuelle que cela pose, il y a les problèmes de sécurité nationale. Qu’arriverait-il si les gouvernements ou les industriels se faisaient hacker leurs serveurs (comme cela est déjà arrivé) et détourner leurs modèles 3D ?

Se faire voler un modèle 3D ne signifie pas simplement la perte d’un plan ou une maquette, mais bel et bien du savoir-faire et mode d’emploi pour recréer l’objet volé à l’identique. Une fois le modèle 3D entre les mains de l’ennemi, pourquoi ne pourrait-il pas en modifier ses contours et le remettre sur le réseau ? Ainsi la prochaine fois qu’une personne réimprimerait un modèle (hacké) de drone par exemple, celui-ci s’écraserait dés le décollage.

D’autres imaginent le pire : un scanner capable de reproduire n’importe quel objet aussi caché soit-il (dans un container, mallette, caisse…) qui générerait aussitôt un modèle 3D à imprimer. Enfin, le fait que la technologie consiste en une superposition de couches pourrait permettre d’occulter dans certaines des substances malignes, comme une couche d’explosifs par exemple…

Mais que cela ne vienne pas stopper le développement de cette merveilleuse technologie à la portée de tous qui permet une infinité de possibilités à un prix défiant toute concurrence.


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