Mercedes en route vers les taxis-robots

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C’est officiel. Mercedes-Benz, la division automobile de Daimler, et l’équipementier Robert Bosch s’associent dans le développement des voitures autonomes afin d’accélérer la production de taxis-robots.

Cette alliance entre le numéro un mondial des voitures haut de gamme et le premier équipementier mondial forme une concurrence de poids à d’autres groupes puissants qui travaillent eux aussi sur des projets de taxis autonomes. Avec Bosch, Mercedes entend obtenir des ressources en termes d’ingénierie. La firme allemande va certainement gagner plusieurs années dans la mise au point d’un système de production pour voitures autonomes. Son service de taxi sans chauffeur devrait débarquer dans nos rues d’ici trois ans. « Le premier objectif du projet est de parvenir au développement d’un système de conduite qui permettra aux voitures de circuler de manière pleinement autonome dans la ville », indique Daimler dans un communiqué.

Ce n’est pourtant pas la première poignée de main entre Daimler, Mercedes et Bosch. En 2015, déjà, nous avions évoqué le système de stationnement autonome de Daimler dont les composants nécessaires à l’installation avaient été réalisés par Bosch. Aujourd’hui, Bosch est devenu l’un des principaux fournisseurs de systèmes d’aide à la conduite au monde. L’entreprise a même récemment conclu un partenariat avec le producteur américain de matériel informatique Nvidia dans le but de développer des systèmes pour les véhicules autonomes.

La voiture vient vous chercher

Pour Mercedes, comme pour ses concurrents, il s’agit de fournir un service de mobilité plus pratique et confortable que les transports en commun actuels. La voiture viendra vous chercher avant de vous déposer exactement à l’adresse indiquée. Tout en vous libérant du souci de lui trouver une place de stationnement… « Dans une partie spécifique de la ville, les utilisateurs pourront avec leur smartphone solliciter une voiture automatisée partagée », confirme le communiqué de Daimler. Les deux groupes comptent dans un premier temps faire circuler leurs taxis-robots respectivement à San Francisco et dans la ville d’origine de Daimler, Stuttgart.

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Ici, l’objectif est clairement de développer à la fois un système de conduite automatisée (SAE niveau 4) et de véhicules autonomes sans chauffeur (SAE niveau 5). Une stratégie lancée à travers le concept-car F 015 présenté à Las Vegas en 2015, alors qu’il n’était qu’un prototype.

Aujourd’hui équipée des logiciels les plus récents, cette Mercedes ne passe pas inaperçue : des champs à LED à l’avant et à l’arrière qui affichent « Je m’arrête » afin d’avertir les piétons, des bandes d’un passage piéton projetées sur la route par le système laser haute définition de la voiture ou encore six écrans d’affichage Ultra HD à l’intérieur qui affichent des informations relatives à l’environnement.

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Du F 015 à la Classe S 500 Intelligent Drive, Mercedes-Benz est aujourd’hui très proche de la réalisation de la voiture autonome. Pour preuve, la Classe S suréquipée a roulé de façon autonome en 2013 de Mannheim à Pforzheim. Soit 100 kilomètres, et sans qu’un pilote n’intervienne. Mercedes a également reçu une autorisation de l’État du Nevada pour tester la Nouvelle Classe E en conduite autonome depuis l’année dernière.

Des réussites qui sont le fruit d’un très gros investissement. En 2016 et en 2017, le groupe Daimler a investi 14,5 milliards d’euros dans la recherche et le développement, sans parler des 14 milliards dans de nouvelles immobilisations corporelles. Objectifs ? Faire évoluer l’analyse par des algorithmes intelligents des données de différents capteurs (caméras, radars, ultrasons, etc.) et la visibilité de la voiture au-delà de la portée de ses propres capteurs.

En route pour l’IA avec Nvidia

En vérité, Mercedes a déjà noué d’autres partenariats pour ses voitures autonomes. Le constructeur allemand a en effet annoncé au CES 2017 son intention de sortir une voiture utilisant de l’intelligence artificielle d’ici 2018, grâce à la technologie de l’entreprise californienne Nvidia. « Vous ne pouvez pas simplement acheter une boîte et l’installer dans votre voiture pour en faire un véhicule autonome », a expliqué Jen-Hsun Huang, le PDG de Nvidia. Avant que Sajjad Khan, le responsable du digital chez Mercedes, révèle que les deux entreprises travaillent main dans la main depuis trois ans : « Nous avons un bureau à Sunnyvale et Jen-Hsun a une équipe installée à Stuttgart ».

A Sunnyvale, les employés de Mercedes-Benz Research & Development North America (MBRDNA) se chargent du développement d’algorithmes et du deep learning (apprentissage par la machine). À Stuttgart, une équipe oeuvre sur l’intégration des véhicules, les capteurs, le développement de l’unité de contrôle et le développement du « Vehicle Control Center ». Peu de détails ont été révélés quant à l’utilisation que ce futur véhicule fera de l’intelligence artificielle. Selon toutes vraisemblances, Mercedes fera appel au système d’assistance avancée « Co-Pilot » de Nvidia, voire à une conduite 100% autonome dans certaines zones bien définies (avec cartes HD, infrastructure adaptée et cadre légal approprié).

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Toutes les firmes du secteur considèrent les voitures autonomes et leurs déplacements en taxi comme un marché très lucratif. Un marché provisoirement dominé par les services tendances du moment tels que Uber, Lyft ou encore Didi. Sans parler des entreprises comme General Motors et Google qui prennent également part à la course des véhicules autonomes. Côté constructeurs, BMW avec son iNext est prêt à faire de même d’ici 2021 en nouant des alliances stratégiques alors que Ford estime, selon son directeur du développement Ken Washington, que le véhicule entièrement autonome n’apparaîtra pas avant 2026. En France, le groupe PSA a lancé fin mars ses premiers essais sur route pour des automobilistes non experts dans le cadre de son programme AVA, « Autonomous Vehicle for All ». 

Selon des estimations de Goldman Sachs publiées l’année dernière, le marché global des véhicules autonomes et des systèmes d’aide à la conduite devrait passer de 3 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros) en 2015 à 272 milliards de dollars en 2035. On comprend mieux la compétition actuelle entre les différents constructeurs du monde entier qui travaillent d’arrache-pied pour développer les bonnes combinaisons de capteurs, d’actionneurs et d’intelligence artificielle. Alors préparez-vous car les jours du chauffeur, puis du conducteur, sont comptés.


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  1. vlx

    Et encore des emplois en moins, passer tout en robotique ou intelligemment !

    ceux qui fabriquent les robots ne compensent pas la perte des emplois du à leur conception...

    Va falloir légiférer sinon en cours à la catastrophe...

    Ou alors on change de système, un système qui n'est plus du tout basé sur l'économie relatif à un profit tel que nous le connaissons...