Google met la main sur la start-up française Moodstocks

application moodstocks pour reconnaître les objets ikea

Le géant du web a fait l’acquisition d’une start-up spécialisée dans la reconnaissance visuelle grâce au deep learning. Un rachat qui arrive à point nommé pour Google.

Moodstocks c’est quoi ?

Derrière ce patronyme anglophone peu évocateur, se cache le Shazam français. Qui dit French Tech dit innovation. Et pour cette API tricolore, ce ne sont pas simplement les musiques qui sont passées au crible du smartphone mais toute une panoplie d’objets et de visuels en tous genres. Car Moodstocks est une start-up spécialisée dans la reconnaissance visuelle grâce au machine learning ou apprentissage automatique. Mais sa particularité c’est qu’elle donne à tout un chacun la chance de profiter de son savoir-faire en vendant sa technologie à des entreprises désireuses de créer une application pour smartphone. Ci-dessous un bref exemple de ses capacités.

Depuis son lancement en 2008, cette société co-fondée par Denis Brulé et Cédric Deltheil, développe et affine ses capacités de reconnaissance visuelle. Partie de la reconnaissance d’images, elle investit progressivement celle des objets, beaucoup plus intéressante commercialement. Moodstocks a d’ores et déjà contribué au lancement d’applis variées comme MiraCard, une application de collection de vignettes sportives qui cherchait un petit plus à donner à sa communauté d’utilisateurs. En reconnaissant les vignettes sportives automatiquement, les utilisateurs peuvent donc transférer leur collection en ligne, l’évaluer et ainsi mettre un prix de vente ou d’échange par exemple. Une autre appli, Overlay, permet de scanner des articles vestimentaires et d’en déterminer l’origine et le prix. Idéal pour les férus de mode. Dans un entretien accordé à Frenchweb lors du rachat de Modaclick, Denis Brulé déclare avoir fait le pari que l’appareil photo deviendrait une interface aussi importante, sinon plus, que le clavier. La start-up compte déjà parmi ses clients phares l’Occitane en Provence, la Fnac et Leroy Merlin.

Une plate-forme ambivalente puisqu’elle permet de scanner aussi bien des images, que des étiquettes, des packagings ou encore des œuvres artistiques. Et ce dans tous les domaines : grande distribution, jeux-vidéo, culture, ou bien, édition.

Son modèle économique est simple, elle propose plusieurs offres dont le prix évolue selon le volume d’activité du client. Par exemple, à partir de 89 $ par mois, un client peut scanner autant qu’il veut mais stocker que 100 images, et avec un abonnement de 989$ par mois, le client peut stocker jusqu’à 100 000 images. C’est selon les besoins. Son service est disponible pour quatre plate-formes principales : iOS, Android et Google Glass, HTTP API. Deux desquelles (Google Glass et Android) sont détenues par le nouveau propriétaire.

Rachat par Google

L’information est tombée hier. Après avoir mis la main sur Anvato, BandPage, Pie, Synergyse et Webpass rien qu’en 2016, le géant du web américain a élargit son porte-feuille en rachetant la start-up française pour un montant inconnu. Depuis, le site est complètement fermé. Seul un communiqué de la part de Moodstocks figure sur la page d’accueil du site :

« Depuis le début, notre rêve a consisté à donner des yeux aux machines en faisant de simples caméras de véritables capteurs intelligents capable de donner du sens à leur environnement. Après avoir introduit la reconnaissance sur portable en 2012, nous avons travaillé à étendre notre offre à la reconnaissance d’objets pendant presque trois ans, et ce grâce à des techniques de deep learning. Aujourd’hui, nous sommes heureux d’annoncer que nous avons trouvé un accord pour rejoindre les rangs de Google dans le but de déployer notre offre à grande échelle. L’acquisition devrait se faire dans les prochains semaines. Notre cible restera de concevoir des outils de reconnaissance visuelle. Rassurez-vous, tous nos clients actuels pourront continuer à utiliser notre service jusqu’à la fin de leur abonnement. Cela veut dire que nous allons suspendre nos services, mais que nous sommes excités à l’idée d’apporter des outils encore plus performants dans notre nouvelle maison Google. Nous profitons de cette occasion pour vous remercier tous. C’était vraiment génial de voir les superbes applications que vous avez tous créés grâce à notre API« .

Ce qu’il faut retenir : Moodstocks est très avide de savoir-faire en deep learning, ce qui est une des nouvelles forces de Google ; Moodstocks veut s’attaquer rapidement à un marché mondial, ce que Google plus que quiconque peut lui permettre de faire ; et enfin, le service sera suspendu un certain temps.

Le géant californien entend bien tenir tête à son rival Twitter qui vient de mettre la main sur la start-up Magic Poney. Et si aucune information n’a vraiment fuité sur les desseins d’un tel rachat, on peut s’attendre à un potentiel gigantesque tant Google est présent dans tous les domaines. Après les rumeurs d’un nouveau téléphone estampillé Google, l’application pourrait largement bénéficier au lancement de cette offre 100% Google. D’autre part, la start-up a déjà travaillé sur des applis pour Google Glass, peut-être que la firme de Mountain View profitera de cette innovation française pour relancer son produit. Enfin, la qualité de reconnaissance visuelle atteinte par Moodstocks pourrait largement bénéficier à toutes les activités du groupe dans les domaines de la robotique et de l’intelligence artificielle. On pense notamment à Google Now et Google Home, récemment annoncé à la conférence annuelle des développeurs Google I/O.

En attendant, l’API et le Kit de développement mis à disposition des développeurs risquent fortement de ne plus être aussi accessibles, du moins pour un temps. Le site de Moodstocks est déjà complètement hors service.


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