Cerveau connecté : Elon Musk lance Neuralink

Avec sa nouvelle entreprise Neuralink, Elon Musk veut tout simplement transformer le cerveau en machine. Il s’agit de sa troisième entreprise, après Tesla et SpaceX.

En un tweet, le milliardaire quadragénaire sud-africain Elon Musk, déjà créateur de la voiture électrique Tesla et patron de SpaceX qui multiplie les projets dans l’espace, a annoncé qu’il se lançait dans la communication avec le cerveau par ordinateur. Son ambition ? Augmenter les capacités cognitives de l’homme avec des greffes d’implants dans le cerveau. Au menu donc, une bonne dose d’intelligence artificielle est prévue. Sa nouvelle société travaille en effet sur de minuscules électrodes qui permettraient dans un premier temps de traiter des maladies incurables, comme l’épilepsie. Capable de transmettre ou d’importer des pensées, cette technologie de « réseau neuronal » pourrait ainsi améliorer la mémoire et permettre aux êtres humains de fusionner avec les logiciels. Edifiant.

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Pour mener à bien son immense projet, Neuralink, enregistrée depuis juillet dernier en tant qu’entreprise de recherches médicales et basée en Californie, a recruté plusieurs universitaires spécialisés dans les neurosciences. A l’instar de Timothy Gardner, professeur de Boston University connu pour son implantation d’électrodes miniatures dans les cerveaux d’oiseaux afin d’étudier leur processus d’apprentissage de chansons…

Considéré comme un patron visionnaire de la Silicon Valley, Musk estime que relier directement les nerfs aux capacités d’un ordinateur peut amplifier le pouvoir du cerveau. Le vieux rêve de tout grand chercheur qui se respecte. Pour preuve, des scientifiques d’un centre de recherche en Suisse ont récemment réussi à échanger pour la première fois avec des patients totalement paralysés. Mais la technique utilisée, associant la spectroscopie à un électroencéphalogramme, était différente de celle envisagée par Elon Musk car elle ne touche pas au cerveau.

« Nous sommes déjà des cyborgs »

Serait-ce de la pure science-fiction ? Pas vraiment. Dans le domaine médical, des réseaux d’électrodes et d’autres implants ont été utilisés pour aider à soulager les effets de la maladie de Parkinson et d’autres maladies neuro-dégénératives. Pour l’heure, très peu de personnes sur la planète ont des implants complexes placés dans leur crâne. Opérer sur le cerveau humain reste très dangereux et seuls ceux qui ont épuisé toutes les options médicales choisissent de subir une telle opération en dernier recours. Cela ne va pas empêcher l’intérêt de la Silicon Valley pour ce type d’avancées technologiques. Kernel et son équipe croissante de neuro-scientifiques et ingénieurs essaient également d’améliorer la cognition humaine.

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Rappelons malgré tout que les obstacles dans le développement de ces appareils sont immenses. Selon les chercheurs en neuro-science, nous avons une compréhension très limitée de la façon dont les neurones du cerveau humain communiquent entre eux. Tout en sachant que les méthodes actuelles de collecte de données sur ces neurones sont rudimentaires. Puis une question mérite d’être posée : sommes-nous prêts à de l’électronique placée dans notre tête ? Pas sûr. « Les gens ne peuvent être soumis à cette idée d’un implant seulement si ils ont une condition médicale très grave pour laquelle ils pourraient obtenir de l’aide. La plupart des personnes en bonne santé sont mal à l’aise avec l’idée qu’un docteur leur ouvre le crâne », explique Blake Richards, médecin neuro-scientifique et professeur à l’Université de Toronto.

Le projet Neuralink pourrait quant à lui compter parmi ses investisseurs le fonds d’investissement Founders Fund dirigé par Peter Thiel, qui avait co-fondé Paypal avec Elon Musk. Un soutien de poids pour Musk qui, lors d’une conférence organisée par Recode en juin 2016, avait déclaré : « Nous sommes déjà des cyborgs. Nous avons une version numérique de nous-mêmes dans nos mails, nos réseaux sociaux et nos autres activités. Et nous avons des super-pouvoirs avec nos ordinateurs, nos smartphones et leurs applications ». Son projet de conquête de l’espace avec SpaceX semble ne plus lui suffire.


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  1. kalu

    Petite faute à "épilepsi" au début du texte