Nice et Cisco présentent le premier boulevard connecté à Internet

A quoi pourrait ressembler notre futur ? La ville de Nice semble avoir choisi de quoi son avenir sera fait en inaugurant cette semaine le premier « boulevard connecté » grâce à l’Internet des objets. Une première mondiale !

Cette semaine se déroulait dans la ville de Nice, l’ Innovative City Convention 2013 (ICC), des conférences et débats autour de la ville intelligente et durable. La ville de Nice en a profité pour inaugurer une artère de 800 mètres de long entièrement connectée à Internet pour informer en temps réel les habitants et les acteurs de la ville. Ce boulevard servira comme terrain d’expérimentation pendant un an, a précisé le maire de Nice, Christian Estrosi, accompagné de Robert Vassoyan, directeur général de Cisco France.

Des capteurs plein la rue

Deux cents capteurs ont été installés en haut des lampadaires, dans la chaussée, sur les containers du boulevard Victor-Hugo pour permettre de collecter en temps réel des données sur la circulation, l’éclairage public, la propreté ou encore la qualité environnementale.

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Plusieurs types de capteurs ont été déployés : des capteurs de stationnement, luminosité, trafic, qualité de l’air, bruit, humidité, température et de taux d’occupation en déchets.

L’expérimentation privilégie la mutualisation des infrastructures techniques pour éviter la multiplication de réseaux de capteurs et d’émissions d’ondes sur le domaine public. L’approche convergée va optimiser les coûts en travaux publics et contribuer à la fluidité urbaine.

Les données transiteront par différents réseaux notamment la fibre optique déjà déployée à Nice, des antennes ZigBee et des hotspots Wi-Fi.

Une plateforme multi-services au service de la ville et de ses habitants

Ces données seront ensuite diffusées sur une plateforme développée par Cisco permettant de mutualiser intelligemment les services de la ville. Cette approche technologique permet à la ville de maîtriser ses données et de les rendre publiques pour favoriser l’innovation, la création de nouvelles entreprises et de nouveaux emplois.

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Acteurs institutionnels locaux, tissu économique, citoyens, touristes, tous vont bénéficier de ce dispositif interconnecté et vont imaginer ensemble de nouveaux services aux citoyens, notamment dans les domaines de la circulation, l’éclairage public, la gestion des déchets, l’environnement, le commerce et la vie quotidienne.

Dans le domaine de la mobilité par exemple, les capteurs du boulevard permettront d’indiquer aux conducteurs la disponibilité des places de stationnement, de payer à distance sa place de parking depuis son smartphone ou encore de connaître l’occupation des zones de livraison qui sont libres.

Dans celui de l’éclairage public, ce dispositif permet de gérer individuellement chaque lampadaire et d’ajuster leur intensité en fonction des mouvements détectés (un piéton qui passe fera augmenter automatiquement l’intensité par exemple). « L’objectif de l’expérimentation est d’identifier des règles de graduation de l’éclairage public en fonction de la présence d’usagers, du trafic et de la luminosité environnementale. »

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Sur le boulevard connecté à Nice, la collecte des déchets pourra être plus efficace et rentable grâce à des capteurs placés sur les conteneurs pour les déchets recyclables (papier et verre) qui fournissent des informations en temps réel sur les niveaux de remplissage.

Des capteurs environnementaux permettront de dresser dans un premier temps une cartographie environnementale de la zone d’expérimentation. En cas de pic de pollution, un message pourrait être envoyé sur les écrans de la ville. L’ensemble des informations environnementales pourront être renvoyées sur un portail d’accès aux données publiques et être réutilisées par des tiers au travers de différentes applications.

Des applis mobiles qui verront bientôt le jour, comme la Nice City Pass, pour le stationnement intelligent, ou bien cette appli de réalité augmentée Digital Graffiti développée par la société GeekGaps, qui permet déjà à un piéton de recevoir des messages sur son iPhone lorsqu’il s’approche de certaines zones sur l’artère Victor-Hugo. Ainsi il a accès à des informations qu’il peut personnaliser en fonction de ses centres d’intérêts (informations sur le trafic, ou sur les événements culturels, ou les sorties, …).

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Les acteurs qui ont participé au projet

Des acteurs publics et privés ont collaboré dans ce projet de laboratoire à ciel ouvert de l’Internet des objets. La Métropole Nice Côté d’Azur, la ville de Nice, la SEMIACS et Cisco principalement.

Cisco est le leader mondial des technologies réseaux et de la vidéo et fournit depuis plus de 25 ans les infrastructures permettant à l’information de circuler sur Internet.

Mais pour ce projet Cisco s’est associé à plusieurs start-ups et entreprises innovantes qui ont apporté les composantes intergicielles (middleware) et logicielles de la solution. L’éco-système Think Global, formé de Citelum (éclairage public), Sude (mobilité) et Urbiotica (capteurs), joue un rôle majeur dans la dimension métier du projet. Siradel (société d’ingénierie et d’analyse de réseaux de communication) fournit la restitution en 3D de la ville pour les services de l’expérimentation.

Ensemble, ces acteurs privés offrent à la ville connectée et durable de demain, l’opportunité de générer des revenus supplémentaires (sur les parkings), de minimiser les coûts (sur la facture énergétique, sur la maintenance des services, sur le nombre de tournées de collecte) de réduire l’empreinte carbone (en maîtrisant le trafic, en anticipant les pics de pollution). Grâce à cette meilleure gestion, les villes pourront retrouver des marges financières, tout en proposant de nouvelles applications mobiles à visées sociales ou environnementales notamment.

Le coût de l’opération n’a pas été communiqué mais Cisco en aurait assumé son intégralité.


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