Olly, le petit dernier du boom d’assistants personnels lève 10$ millions

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Nouveau venu dans la vague de robots de service qui envahit le marché grand public, Olly vient de lever 10 millions de dollars pour accélérer son développement.

La nouvelle ruée vers l’or

Décidément, on arrête plus le ras de marée des robots de service. Si l’on doit retenir une tendance dans le domaine de la robotique cette année, c’est bien celle des assistants personnels matérialisés. Les précédentes années ont été celles plus ou moins glorieuses des assistants virtuels Siri, Cortana ou Google Now, mais 2016 restera l’anno 0 de la robotique grand public. Malgré un certain engouement lors de la sortie de Siri notamment, qui s’illustrait par sa voix et sa réactivité inédites, ces assistants se sont révélés souvent trop approximatifs, les empêchant par là même de mener à bien la mission pour laquelle ils ont été conçus dès le départ : servir d’interface intuitive entre le web et l’utilisateur en court-circuitant directement l’écran tactile et le clavier.

Néanmoins, ces assistants personnels pourraient bien connaître leur véritable heure de gloire dans les prochaines années. Et l’année 2016 a tout l’air d’en être le point de départ. Mais c’est sous une autre forme qu’ils feront leur apparition. Après Amazon Echo et Google Home, les hub numériques des deux géants du web, de nombreuses start-up se sont lancées sur ce segment. Une ruée vers l’or favorisée par les grandes avancées dans bien des domaines : miniaturisation des composants électroniques, amélioration des capteurs, affinage des algorithmes, progrès en machine learning; mais aussi et surtout dans le domaine de l’internet des objets.

Autant d’avancées technologiques qui ont permis de rentabiliser ces petits robots, qui ne devraient plus tarder à peupler nos foyers tant les fabricants se ruent sur ce type de produits. Du côté des start-up, on peut compter sur Buddy de Blue Frog Robotics, qui a fait sensation au salon Innorobo, sur Jibo, le robot en forme de lampe Pixar d’une ancienne du MIT ou même Big I, l’étrange machine en forme de… poubelle. Et preuve que la robotique de service est considérée comme un vrai marché d’avenir, les plus grands y consacrent désormais leurs efforts de R&D : le fabricant de matériel informatique et de gaming Asus a dévoilé il y quelques mois son propre modèle Zenbo, Baidu a déjà déployé le sien dans un restaurant KFC quand l’Otto de Samsung attirait les esprits curieux au CDC2016. Et ce n’est pas tout, le serial entrepreneur Elon Musk a récemment annoncé travailler avec Fetch Robotics sur un majordome robotisé quand le père de Pepper, Kaname Hayashi, est parti fonder sa propre entreprise afin de développer un futur système intelligent particulièrement attachant. Plus récemment encore, Pilot Labs a lancé une campagne de crowdfunding pour développer Moorebot, un assistant matériel de plus et toujours à l’apparence d’une drôle de lampe de bureau. Un sacré remue-ménage dans le petit monde de la robotique grand public, plus dynamique que jamais. La vague de nouveaux venus est telle qu’il va commencer à devenir très difficile de choisir son futur gadget, d’autant plus que ce n’est pas leur apparence qui va nous aider à les départager…

panel de robots assistants personnels

Olly lève 10 millions de dollars

En décembre 2015, nous vous présentions déjà Olly, l’assistant connecté d’Emotech remarqué pour son unique œil. Un œil central designé par un ancien des studios Dreamworks. Alors qu’Emotech décidait de lancer une campagne de financement participatif, comme c’est souvent le cas pour ce genre de produit puisqu’il s’agit du meilleur moyen de faire une étude de marché rapide et sans frais, ses créateurs ont levé 10 millions de dollars il y a tout juste deux jours. Une levée de fonds de Serie A opérée auprès – et ce n’est pas une surprise – de deux fonds d’investissements chinois : Alliance Capital et Lightning Capital. Ce-dernier étant une toute nouvelle venture capital créée à Shanghai dans l’unique but de soutenir les projets d’intelligence artificielle et de technologies médicales.

Voilà de quoi rivaliser avec son principal concurrent Jibo, qui a explosé tous les records de financement. Au total, Jibo a récolté près de 40 millions de dollars (dont 3 millions sur indiegogo, soit un objectif initial dépassé de 2300%). Malheureusement, comme la plupart de ces projets ambitieux et complexes, les livraisons (initialement prévues en mars/avril) ont été repoussées à de multiples reprises, décevant les supporters les uns après les autres. Dernier coup d’éclat en date, la créatrice du petit robot a annoncé qu’aucun modèle ne pourra être vendu en dehors des Etats-Unis. Certains affirment que cette annulation est liée aux lois sur la protection des données dans les autres pays. Le message de l’entreprise quant à lui, met en cause les problèmes de latence de communication des données entre les serveurs américains et les machines. Des délais qui ne permettraient pas à ses principales fonctionnalités de s’opérer convenablement.

En ce qui concerne Olly, le robot affiché comme étant unique à chacun de ses utilisateurs, ses créateurs anticipent une première sortie en langue anglaise début 2017 et ont finalement repoussé la campagne de crowdfunding, profitant désormais des capitaux privés de ces nouveaux investisseurs chinois. Toutefois la campagne n’a pas été complètement annulée, mais simplement repoussée et repensée pour servir non pas de financement de départ, mais de plate-forme de lancement de produit et de pilier de la construction d’une communauté d’utilisateurs. Une nouvelle approche signe d’un projet soutenu et viabilisé par des investissements privés et pratiquement assuré de voir le jour.

Robot de compagnie sur une table


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