Pourquoi les bons managers ne seront pas remplacés par les robots ?

D’aucuns s’inquiètent de l’arrivée des robots dans notre quotidien et spécialement dans le milieu professionnel. De plus en plus sophistiqués, ces derniers parviennent à exécuter des tâches impensables il y’a encore quelques années…

Deux livres ont fait coulé l’encre ces derniers temps de l’autre côté de l’Atlantique. Dans Race Against the Machines, deux professeurs du MIT, Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, parle d’une révolution technologique qui est en train de laisser de côté une certaine catégorie de la population, celle la moins éduquée. L’avancée technologique est bonne selon les auteurs, bonne pour la productivité, bonne pour faire baisser les prix et tire l’économie vers le haut.

Ceci dit, elle laisse de côté tous ceux dont le job peut être effectué par des machines : distributeur automatique, caisse de supermarché, traitement des fiches de paie, veille juridique, etc. Bref, des jobs demandant peu de qualifications et étant la plupart du temps jugés pénibles, y compris par ceux qui les exécutent.

Dans son ouvrage Average is Over, l’économiste Tyler Cowen fait le même constat mais précise que les robots ne pourront pas remplacer un type de profil en particulier : les bons managers.

Tyler Cowen estime que 15% des employés qui ont des connaissances en informatique sauront tirer profit des nouvelles technologies pour améliorer leur productivité. Les vrais gagnants ne seront pas forcément les informaticiens ou ingénieurs, ceux qui maîtrisent la technique, mais les managers qui apporteront une valeur ajoutée par rapport à une simple machine.

Le bon manager, celui qui sait prendre la bonne décision tout en tenant compte de l’humain et des considérations économiques, tirera son épingle du jeu, dit Cowen dans une récente interview pour American Enterprise Institute :

Les machines sont très loin de pouvoir être de bons managers : prendre du recul, fixer des objectifs, mesurer les performances. Seuls les humains en sont capables. Je trouve que la plupart des hommes ne sont pas de bons gestionnaires. Ceux qui le sont, gagneront beaucoup, beaucoup plus. C’est déjà le cas. Les salaires des cadres vont en augmentant. Je parle de ceux qui managent, qui motivent, qui savent vendre, ceux qui arriveront à attirer l’attention des gens riches, deviendront précieux dans un contexte d’inégalités. Et ça, c’est une compétence très psychologique. Il ne s’agit pas d’être juste un bon développeur.

Je pense que les meilleurs managers et les profils marketing gagneront plus que les profils techniques parce que ces compétences peuvent être, et sont déjà externalisées.

Le management est une compétence à forte valeur ajoutée pour une entreprise, difficilement automatisable, et qui devrait prendre encore plus de poids dans les années à venir. Les machines devenant de plus en plus intelligentes, elles auront moins besoin d’une intervention du facteur humain pour exécuter des tâches précises.

Alors que la gestion de l’humain, des humeurs et des egos de chacun, en un mot, l’empathie, est une faculté qui sera difficilement modélisable et programmable pour les machines. En tout cas, on en est encore loin.

A lire aussi : Slate a également publié un article sur les jobs qui ne seront pas remplacés de sitôt par des machines.


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