Print’Hand, le gant bionique imprimable en 3D des étudiants de l’ISEN Lille

Le gant bionique Print'hand de Dagoma et l'ISEN de Lille

Depuis la rentrée 2015, 23 étudiants de l’école d’ingénieurs de l’ISEN Lille ont collaboré avec la société Dagoma pour concevoir un gant bionique imprimable en 3D et à coûts réduits.

Le but ? Aider les personnes handicapées à retrouver l’usage de leur main. Il ne s’agit pas d’une prothèse qui prolonge le bras d’une personne amputée, mais d’un dispositif qui vient s’ajouter sur la main. Les accidents professionnels sont les principales causes du handicap manuel.

Selon, Anne-Marie Kokosy, ce qui a motivé l’ISEN à s’associer à Dagoma, c’est « le défi technique et la valeur humaine » que représente ce projet pour les étudiants en dernière année. Un bon moyen de relever ce « défi technologique et sociétal » tout en offrant aux étudiants l’expérience d’un projet d’équipe ambitieux et concret puisque la main devrait bientôt être commercialisée.

« Les étudiants ont dû mener une réflexion collective, mettre en commun compétences et idées, prendre en compte et concilier les avis et attentes de tous : client, professionnels de la santé et futurs utilisateurs avec qui les étudiants ont collaboré« conclut-elle.

Une démarche d’autant plus louable qu’elle permet à la fois aux étudiants de mettre en application leurs connaissances et de s’initier au monde professionnel et entrepreneurial, mais elle permet aussi à la société éditrice d’imprimantes 3D de mener à bien sa stratégie de développement d’objets innovants imprimés en 3D, qui dépasse la seule conception d’imprimantes.

print'hand Dagoma et ISEN Lille gant bionique

printhand-isen-dagoma

print'hand le gant bionique de l'ISEN Lille et Dagoma

Parmi les difficultés, il y avait évidemment les contraintes d’ergonomie, de poids et d’alimentation. Pour être commercialisé et attractif, l’exosquelette se devait d’être léger et pratique. Les composants ont donc été miniaturisés dans un effort de convenance pour les futurs porteurs, mais aussi pour rentabiliser l’impression des différentes pièces de montage. Autre contrainte de poids, le coût de ce gant bionique. L’objectif fixé était de proposer « une machine à moins de 300€, pour démocratiser rapidement cette technologie, encore nouvelle et qui a besoin de découvrir ses usages » explique Gauthier Vignon, président de Dagoma. Pour remplir ses objectifs, la société a insisté sur le fait que le gant devait contenir le strict minimum. Pas d’écrans, pas d’interface de contrôles complexe, le gant ne possède qu’un seul bouton.

Ce bouton permet d’activer deux modes de fonctionnement. L’un dédié à des exercices de rééducation de la main, l’autre à un mode manuel pour saisir des objets. Le gant est connecté à un brassard placé sur le torse du porteur et qui permet d’alimenter et d’activer la main selon le mouvement des muscles. L’exosquelette est, quant à lui, composé d’une ossature imprimée en 3D qui fixe les câbles, de cinq moteurs pour actionner les doigts, et de nombreux capteurs pour déterminer la force exercée sur l’objet saisi mais aussi pour arrêter le mouvement de la main, une fois revenue en position de repos.

Le patron de cette main sera accessible à tous, sous peu, afin que les gens puissent « se fabriquer la leur, la reproduire, la réparer » précise Gauthier Vignon pour expliquer le choix de l’Open Source. Les plans pourront donc être téléchargés puis imprimés au domicile de tout un chacun (à condition de posséder une imprimante 3D, naturellement).


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