Projet JOKER : Créer une empathie chez les robots

JOKER project : Creating empathic robots

Déceler les émotions ressenties par son interlocuteur est la base de toute communication réussie. C’est dans cette optique qu’une équipe de chercheurs du CNRS travaille au projet européen JOKER dont le but est de permettre aux robots de comprendre les émotions ressenties lors d’une discussion.

L’équipe de chercheurs menée par Laurence Devillers, s’intéresse à la détection, par un robot, d’émotions à partir d’indices verbaux et non-verbaux. A partir d’un programme prédéfini, il est possible d’apprendre à un robot à repérer des indices émotionnels afin de lui permettre de s’adapter à son interlocuteur et même de faire de l’humour. L’humour est considéré ici comme un moyen pour le robot de détendre une conversation par exemple. Pour en être capable, il doit cependant pouvoir deviner, même de façon très simple, les émotions et les intentions de son interlocuteur.

NAO équipé de JOKER afin de mieux communiquer

Afin de permettre cela au robot, il a fallu programmer des modèles informatiques lui offrant la possibilité de reconnaître certains indicateurs paralinguistiques acoustiques et visuels, c’est à dire des indications non verbales sur l’état d’esprit de l’interlocuteur. Ainsi, en analysant le ton, l’énergie et le rythme de la voix de son interlocuteur ou en reconnaissant lorsque celui-ci rit ou sourit, le robot peut adapter son comportement. Les chercheurs ont travaillé avec un robot NAO auquel ils ont fourni ces programmes le menant au stade où il peut reconnaître le sexe de son interlocuteur ainsi que certaines émotions qui lui permettent d’établr le profil psychologique de la personne avec qui il discute.

Le NAO-Joker est donc capable de mettre en place une relation plus stable avec ses interlocuteurs, puisque de meilleure qualité. Si lors d’une discussion le robot perçoit que son interlocuteur est mal à l’aise, il va tenter de le dérider par une plaisanterie, de même que si l’interlocuteur semble avoir une attitude négative envers l’humanoïde, NAO va tenter de comprendre les raisons de cette attitude.

En rendant une conversation complexe possible, les chercheurs espèrent faciliter l’attachement à un robot et pousser les utilisateurs à s’engager davantage dans la conversation. Et quoi de mieux pour cela qu’un robot pratiquant l’auto-dérision lorsqu’il fait une erreur ?

Thierry Ardisson et son co-présentateur

 

Crédits photo : CNRS, Canal+


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