Que le débat sur l’utilisation de robots militaires autonomes commence !

Quel sera le rôle des robots militaires tueurs dans les conflits du futur ? Pour répondre à cette question, l’ONU a réuni des experts internationaux dans le cadre d’une Convention sur certaines armes classiques (CCAC), qui se tient du 13 au 16 mai 2014 à Genève. Les avancées en matière de robotique militaire inquiètent certains spécialistes…

Des groupes industriels qui souhaitent robotiser leur véhicules de combat, des drones toujours plus performants et autonomes, des humanoïdes capables d’accomplir des tâches complexes… les équipes de recherche scientifique de défense poussent vers une guerre technologique, où les pertes humaines seraient diminuées et l’usage des robots autonomes accentué.

Cela inquiète quelques experts, dont le professeur Noel Sharkey, du département d’informatique de l’Université de Sheffield, qui va prendre la parole à Genève pour aider les dirigeants mondiaux à comprendre les avantages et les inconvénients des systèmes d’armes autonomes « tueurs ». C’est ainsi que sont appelés ces robots de combat, capables de prendre des décisions seuls, sans l’intervention de l’homme, et qui ont le pouvoir de tuer par le simple fait d’une succession d’algorithmes.

Une autre vision, celle du Pr. Ronald Arkin, du Georgia Institute of Technology, penche plutôt vers une utilisation raisonnée des robots tueurs afin d’éviter d’exposer les humains aux dangers de la guerre. Ronald Arkin penche plus pour un moratoire plutôt qu’une interdiction de ce type d’armes autonomes.

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Les experts des Nations Unies vont donc débattre de l’usage de ces robots mais aussi sur leur fabrication. Une décision sur les prochaines étapes à suivre sera prise lors de la réunion annuelle de la Convention sur les armes classiques à l’ONU au mois de novembre 2014.

Pour les opposants, ce sont surtout des considérations éthiques (comment tolérer que le sort d’un humain soit à la merci d’une intelligence artificielle ?) qui les poussent à demander l’interdiction d’une telle technologie avant même qu’elle n’existe. De plus, la possibilité de détournement ou de piratage de ces engins ne les rassurent pas.

Pour les partisans des robots tueurs, les lois actuelles régissant les conflits suffisent pour réguler leur utilisation. De plus, les robots présentent plusieurs atouts : ils sont précis, efficaces, rationnels et ne sont pas régis par des émotions (du moins les robots tueurs…).

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Pour les gouvernements, l’efficacité des robots armés par rapport à celle des soldats humains n’est plus à prouver. Les Etats-Unis ont commencé à remplacer ses troupes par des robots et entendent accélérer le mouvement : toujours opérationnels, jamais diminués, les robots sont la solution idéale pour réduire les coûts de la guerre tout en maintenant une efficacité sur le champ de bataille.

Quoiqu’il en soit, les robots tueurs sont déjà déployés dans le monde entier (voir cette carte d’utilisation des drones). Certes, la plupart d’entre eux n’est pas complètement autonome puisque la validation de la frappe, bien qu’à distance, reste l’affaire d’un opérateur humain. Mais les drones UCAV en cours de développement par les Etats-Unis, la Chine, la Grande-Bretagne ou la France le sont.

Les débats sur la réglementation de l’utilisation des robots tueurs promettent de faire des étincelles.


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  1. zonz

    si nous étions exigeants sur l'emploie des bons termes, nous n'appellerions pas ces nouvelles technologies robots mais Systèmes militaires robotisés!

  2. zonz

    Stop à la confusion...Les drones ne sont pas des robots puisqu'ils sont téléopérés! Et le robot tel qu'il doit être défini ( se substituer à l'homme, interagir avec son environnement, prendre des décisions) n'existent pas encore dans les conflits armés!

  3. ropib

    @pk92320> Faut pas abuser. Le principe de la mine ce n'est pas qu'elle est "sans pilote", c'est qu'elle ne sait pas par définition qui est sa cible, et qu'elle attend que celle-ci vienne à elle, c'est une technique de braconnage militaire. A partir du moment où la mine est capable de sélectionner sa cible, ce n'est plus une mine. Les drones pilotés tuent, et tuent notamment des civils. Mais est-ce qu'ils tuent plus de civils que des humains ? je doute.
    Ce qui me semble plus intéressant, et risqué, dans la question des drones et armes non pilotées, c'est plutôt la voie ouverte vers la fin des monopoles de l'état en matière militaire.

  4. pk92320

    Des robots militaires primitifs et autonomes existent depuis longtemps, ce sont les mines, qui donnent tant de travail à Handicap international. L'argument de l'absence de danger pour les soldats est nul, les drones pilotés depuis les états-unis tuent très bien les talibans,... ou les villageois innocents que le pilote a mal vu.