Rethink Robotics licencie près d’un quart de ses effectifs

Rethink Robotics, qui a conçu le robot collaboratif Baxter, a été contraint de se séparer de vingt-et-un employés, soit près d’un quart de son effectif pour des raisons économiques. C’est la première fois qu’une entreprise florissante dans la robotique procède à un licenciement, alors que le secteur est en plein boom.

Bien que Rethink Robotics fabrique une des machines les plus abouties technologiquement, un « cobot » à 22.000 $, cela ne l’empêche pas d’être confrontée à la même réalité que les autres entreprises. Obligé de se séparer de 21 employés sur 90, Scott Eckert, PDG de l’entreprise fondée par Rodney Brooks, dont nous avons déjà parlé ici ou ici, s’explique dans le journal Boston Globe :

Les licenciements sont le résultat de la décision prise par Rethink de se recentrer sur les segments de marché qui ont été les plus réceptifs à Baxter depuis son lancement : fabrication de plastiques, emballage des biens de consommation, stockage et logistique. Nos chiffres sont encourageants, notre portefeuille de clientèle l’est aussi, et nous nous attendons à une croissance significative en 2014. Cependant, nous serons en mesure de réaliser ces prévisions en ciblant mieux les marchés et avec moins de ressources.

Depuis 2005, Rethink Robotics (anciennement appelé Heartland Robotics) est soutenue par différents fonds d’investissement privés et par la société d’investissement du patron d’Amazon, Jeff Bezos, la Bezos Expeditions. Depuis ses débuts, Rethink a levé plus de 85 millions USD.

Ce licenciement économique peut surprendre quand on sait comment Rodney Brooks se démène depuis des années pour introduire son robot plug and play à deux bras sur les chaînes de production des petites et moyennes entreprises aux Etats-Unis. Baxter est un outil de production formidable : il est l’un des premiers robots industriels intuitifs, qui ne nécessitent pas de connaissances particulières (et encore moins en programmation) pour pouvoir s’en servir. Il fait partie de la nouvelle génération de robots collaboratifs appelés également cobots. Pourtant il s’en sort moins bien que son principal concurrent, Universal Robots (UR).

Les chiffres d’UR de ces cinq dernière années sont insolents : plus de 2.500 robots vendus dans plus de cinquante pays à travers plus de deux cents distributeurs. La marque danoise a doublé son effectif en 2013, passant de 47 employés à 97 salariés. Et elle recrutera encore courant 2014.

Malgré un prix de vente du Baxter inférieur à celui des robots d’UR, il est plus lent, moins précis et porte des charges moins lourdes. Ce peut être l’une des raisons pour lesquellse Rethink Robotics répond moins bien aux attentes des industriels.

Précisons que ce licenciement est une exception dans le secteur de la robotique si l’on en croit les récents mouvements que viennent d’opérer Google, en rachetant Boston Dynamics, Apple, avec le rachat de Primense (créateur de la technologie Kinect) ou encore la société française Medtech et son entrée en Bourse.

Rappelons que l’IFR (International Federation of Robotics) annonce que d’ici 2020, l’industrie robotique aura créé directement et indirectement entre 1,9 et 3,5 millions d’emplois dans le monde.


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