Rob’autisme : Nao comme support de médiation thérapeutique

Le robot NAO lit un livre

Une belle rencontre entre trois univers très différents : la psychothérapie, la robotique et celui des arts. Pour la première fois, un public spécifique, les enfants autistes, est acteur, y compris dans le processus de création et de programmation du robot.

Commencé en Novembre 2014, Rob’autisme est un projet entre le CHU de Nantes, l’association Robots !, l’école Centrale de Nantes, et Stereolux. Le projet est financé en partie par STEREOLUX, c’est un programme solidaire. L’association ROBOTS est bénévole.

Les travaux conjoints de ces différentes entités ouvrent la voie à de nouvelles pistes très positives pour les autistes, mais aussi pour d’autres types de publics : personnes âgées, handicapées, etc…

Un enfant et sa maîtresse devant un ordinateur

Troubles du Spectre Autistique : définition

L’autisme est un trouble sévère et précoce du développement de l’enfant apparaissant avant l’âge de 3 ans. Il est caractérisé par un isolement, une perturbation des interactions sociales, des troubles du langage, de la communication non verbale et des activités stéréotypées avec restriction des intérêts.

Trois éléments cumulatifs caractérisent ainsi l’autisme : un trouble de la communication, une perturbation des relations sociales et des troubles du comportement.

Deux enfants programment sur un ordinateur le robot NAO

Comment est construit le programme et à qui s’adresse-t-il ?

Ils ont 14/16 ans, suivent une scolarité spécifique pour autistes, vivent dans leurs familles. Ils ont tous des difficultés du spectre autistique. Cela a pour conséquences des problèmes d’habileté sociale, comme par exemple se repérer dans le panel des émotions, développer l’empathie, ajuster ses pensées pour interagir avec les autres. Toutes les dimensions de l’échange interpersonnel. C’est une grande source de souffrance pour eux.

Ils travaillent aussi autour de la fresque du temps : les notions avant, pendant, après. Ce sont des repères qu’ils ont du mal à positionner. Le fait de construire une histoire, intégrant la notion de temporalité, est un facteur de développement.

Les séances, demandant beaucoup de concentration pour les autistes, ont une fréquence d’une heure toutes les 2 semaines avec le robot : construction d’une histoire, programmation, illustration sonore (Cécile Liège). « Un des premiers jeunes qui a prêté sa voix est hyper inhibé dans la vie de tous les jours. Ils deviennent acteurs. Ils prennent tous la parole dans la création d’une histoire. Il y a le travail sur l’autisme, mais aussi sur l’adolescence, la sexualité ».

Le robot NAO assis

Les débuts du programme furent très prometteurs : « Ils l’ont très vite pris en main. Dans un premier temps, ils faisaient dire à NAO ce qu’ils ne pouvaient pas exprimer. Petit à petit, ils se sont mis à se parler par l’intermédiaire du robot » nous explique Sophie Sakka, Chercheur à l’Institut de Recherche en Communication et Cybernétique de Nantes.

Travailler sur les difficultés de communication

« Cela a fonctionné sur eux grâce au phénomène de transfert. Le robot est devenu leur extension, il parle à leur place. Tout le monde le regarde quand il s’exprime, et pas la personne qui le manipule. Ils sont donc « cachés » derrière, et peuvent alors exprimer des choses qu’ils n’oseraient pas dire. Ils se sentent en sécurité » poursuit Sophie Sakka.

Deux robots NAO et une femme dans un bureau

Pourquoi le choix d’ALDEBARAN avec NAO ? « D’abord, Nao est facile à programmer pour des jeunes enfants, sous forme de briques technologiques. A 8 ans ils sont capables d’assembler ces briques et ainsi enchaîner plusieurs actions afin d’assurer une cohérence à l’histoire. Ensuite Nao a une forme bien particulière : il possède des jambes, il est asexué, il permet une communication du corps entier. La forme compte d’après nous. La taille aussi. Les enfants le font s’assoir, cherchent à le coucher. Le robot est fragile et cela revêt un aspect bien particulier dans leur esprit ».

Résultats : des bénéfices multiples

La liste relative aux avantages tirés du programme est longue :

* Apprentissage de la communication via le robot, prosodie, tonalité, codes de l’échange

* Coordination, interopérabilité, travail en binôme, improvisation, créativité spontanée

* Sortir de l’hôpital de jour, aller dans un lieu rempli de possibles, d’imprévus, de personnes

* Forte valorisation des enfants lorsqu’ils travaillent avec le robot

Citons les paroles d’une maman d’un enfant participant à l’atelier : « J’ai remarqué rapidement des changements dans son comportement, j’étais agréablement surprise par ses relations au collège, l’aventure avec Nao lui a permis de s’intéresser à de nouvelles choses (par exemple il reconnaît Nao dans l’émission TV « Salut les Terriens ») ».

Un robot NAO parle à une enfant

Créer un réseau d’entraide

Devant le succès de l’expérimentation, les quatre partenaires souhaitent poursuivre cette expérience, la partager en tant qu’innovation thérapeutique et étendre le projet à d’autres communautés, pour élaborer un protocole et lui donner une dimension plus large.

Le travail de recherche a pour objectif de préfigurer l’élaboration d’un protocole afin que ce projet collectif puisse être reproduit en réseau dans d’autres villes de France et sur différentes approches de compétences.

Pour tous renseignements complémentaires, n’hésitez pas à contacter Stereolux / Julie Haméon : 02 53 46 32 01 ou julie.hameon@stereloux.org.


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