RoboBees : les abeilles d’Harvard utilisent l’électricité statique pour se suspendre

Le Wyss Institute, célèbre pour ses inventions biomimétiques vient d’équiper ses minuscules robots-abeilles d’électrodes pour économiser considérablement la consommation d’énergie.

Le Wyss Institute, dont nous vous relatons régulièrement les plus belles inventions, développe depuis déjà plusieurs mois un concept de robot-abeille ultra-léger et donc très économe en matière d’énergie. Développer de petits robots pour palier la consommation d’énergie des gros drones est peut-être une bonne idée, mais il faut encore que le robot soit capable de supporter une batterie suffisamment importante.

Partant de cet amer constat, les chercheurs d’Harvard ont tenté de trouver d’autres solutions. Plutôt que de développer des batteries plus légères ou des systèmes moins énergivores, le laboratoire de Biodesign s’intéresse à trouver des solutions simples inspirées de la nature. Le mieux pour faire se déplacer un robot est encore d’exploiter son environnement. Ici, la solution toute trouvée consistait à utiliser l’électricité statique pour permettre à leur robot-abeille de se suspendre en l’air en s’accrochant à des parois. Grâce à un petit patch d’électrode situé sur sa tête, ce robot de la taille d’une pièce de monnaie et pesant moins d’un gramme est désormais capable de venir s’agripper à des surfaces horizontales comme une feuille d’arbre. Pour se détacher, il suffit de couper le courant, et le robot peut repartir de plus belle en battant ses petites ailes, capables de s’actionner jusqu’à 120 fois par seconde !

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Selon les auteurs de l’article paru dans la revue Science, ce procédé utiliserait entre 500 et 1000 fois moins d’énergie, selon la surface. Il ne faut pas la même énergie pour se coller à de l’acier poli ou à du verre qu’à du cuivre ou de la brique. Dans le sillage du drone SCAMP du MIT, l’utilisation de l’électricité statique permet au robot de s’accrocher à des parois. Le but, c’est évidemment d’économiser les batteries et de permettre à de tels robots d’effectuer des missions d’observation (météorologique, environnementale et naturelle), de surveillance ou de reconnaissance de long-terme et non pas sur une durée d’à peine 30 minutes, comme c’est le cas de la majorité des drones du marché.

Mais la première vocation de ces minuscules robots est de pallier la disparition des vraies abeilles et de relancer le processus de pollinisation. Si en Chine, ce travail de compensation a pu être réalisé par des êtres humains, les américains, forts de leur savoir-faire technologique, ont eu la bonne idée de concevoir des machines pour le faire à leur place et sur des espaces bien plus grands. Mais les chercheurs demeurent réalistes et ne voient pas leurs robots-abeilles polliniser artificiellement de vastes champs avant deux décennies.

Plus de ressources sur le projet Autonomous Flying Microrobots.


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