ROBOCUP 2015 : Ce qu’il ne fallait pas manquer

darwin-op va taper dans le ballon

Le coup d’envoi de la Robocup 2015 a été donné le 19 juillet à Hefei, dans l’Est de la Chine. Pendant quatre jours, 175 équipes de 45 pays se sont affrontées pour remporter le titre de champion. Mais cette année, des nouveautés de taille ont rendu la compétition plus ardue. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de s’y rendre, voici un résumé de cette 19ème édition.

La Robocup, c’est quoi ?

La Robocup, c’est d’abord le rendez-vous annuel des ingénieurs, scientifiques et passionnés de la robotique du monde entier. Depuis la première édition en 1996, l’objectif affiché est de créer une équipe de robots humanoïdes capables de vaincre les champions du monde de football en titre d’ici 2050.

4 robots NAO à la Robocup Soccer

Le tournoi le plus médiatisé est sans aucun doute la Robocup Soccer, une compétition de football qui comprend cinq catégories  : les robots de petite taille, de taille moyenne, les humanoïdes (eux-même divisés en trois sous-catégories), la plateforme standard pour laquelle le robot imposé est un NAO de la société Aldebaran et la ligue de simulation par ordinateur.

Mais des compétitions plus spécifiques se déroulent en parallèle. On retrouve la RobocupRescue des robots sauveteurs, la Robocup@Work sur l’interaction homme-machine en situation de travail, la Robocup@Home qui se déroule dans un environnement proche de celui d’une maison et enfin la Robocup Junior pour les enfants.

robot mobile suit un tracé

Tout au long de la compétition, des experts et professionnels du monde entier donnent également des conférences et organisent des ateliers afin de partager leurs avancées en matière de motricité, d’intelligence artificielle ou encore de mécanique.

Une édition 2015 qui gagne en complexité

Chaque année, les organisateurs créent des conditions de jeu de plus en plus proches d’une situation réelle. A Hefei, le sol lisse a laissé place à un gazon synthétique d’une hauteur de trois centimètres et le ballon de football orange est devenu blanc. Si ces nouvelles caractéristiques ne semblent qu’anecdotiques, elles ont été un challenge de taille pour l’ensemble des équipes. La pelouse demande de retravailler l’équilibre des robots dont la prise au sol est plus faible et la balle devient plus difficile à distinguer de son environnement et des lignes blanches du terrain. Beaucoup de participants se sont désistés au dernier moment, incapables de faire face au défi technique.

humanoïde et entraîneur de football

robots sur un terrain de football

En France, une seule équipe a été qualifiée pour la compétition  : le Rhoban Football Club du Laboratoire Bordelais de Recherche en Informatique (Ladri) qui est venu avec ses cinq robots. Trois d’entre eux étaient présents au Brésil l’année dernière, Mowgli, Chewbacca et Django. Ils ont été rejoints cette année par Olive et Tom. Presque aussi rapides sur le terrain que leurs homonymes du dessin animé, ils ont réussi à rafler la troisième place au tournoi des humanoïdes taille enfant.

équipe rhoban

Si notre équipe bordelaise a réussi à monter sur le podium, c’est parce qu’elle a passé près de six mois à concevoir des capteurs de pression qu’elle a intégrés sous les pieds des robots et qui permettent d’assurer leur équilibre. Une grande avancée qu’Olivier Ly, le directeur du projet, n’a pas hésité à partager avec les équipes étrangères  : «  La Robocup est avant tout une rencontre scientifique, notre but n’est pas de gagner mais de faire avancer la recherche  ».

L’année prochaine, leur stratégie pour accéder à la plus haute marche est de miser sur la vitesse et de renforcer leur jeu d’équipe. Il faudra pour cela changer leurs caméras et améliorer encore la motricité de leurs humanoïdes. D’autant plus qu’une nouvelle épreuve devrait faire son apparition,  obligeant les participants à mélanger leurs robots afin de reconstituer de nouvelles équipes «  internationales  », d’où l’importance de développer un système de collaboration et de communication efficace.

dribble d'un robot

La France à la traîne

Frapper dans un ballon est paradoxalement plus compliqué que battre le meilleur joueur d’échec au monde. La France, faute de financements suffisants, est sous-représentée. Une fois de plus, la compétition a été largement dominée par les allemands, les iraniens et les asiatiques. Ci-dessous le classement de chaque tournoi.

CLASSEMENT PAR EPREUVE

ROBOCUP SOCCER

LIGUE HUMANOIDE – TAILLE ADULTE
Cette épreuve voit s’affronter deux robots à la forme humaine, entre 130 et 180 centimètres, aux penalties.

1er  | THORwIn (USA)
2ème | Baset Adult-Size (Iran)
3ème | HuroEvolution AD (Taïwan)

LIGUE HUMANOIDE – TAILLE ADOLESCENT
Ici, les robots font entre 80 et 140 centimètres. Par équipes de deux, ils doivent dribbler et marquer face à un goal.

1er  | Team Parand (Iran)
2ème | HuroEvolution TN (Taïwan)
3ème | AUT-UofM (Iran)

LIGUE HUMANOIDE – TAILLE ENFANT
Des humanoïdes de moins de 90 centimètres s’affrontent par équipe de quatre. C’est l’épreuve la plus compétitive de la Robocup.

1er  | CIT Brains Kid (Japan)
2ème | ZJUDancer (Chine)
3ème | Rhoban Football Club (France)

PLATEFORME – PETITE TAILLE
Taille maximale autorisée : 15 centimètres. Deux équipes de cinq robots s’affrontent. On retrouve toutes formes de robots, sur roues, sur chaînes ou sur pattes. C’est l’occasion de mettre en avant leurs talents en matière de coopération et de contrôle dans un environnement dynamique.

1er  | CMDragons (USA)
2ème | MRL (Iran)
3ème | ZJUNlict (China)

PLATEFORME – TAILLE MOYENNE
Taille maximale autorisée : 80 centimètres. Deux équipes de cinq robots sont en compétition. Ici encore, tous types de robots sont autorisés.

1er  | Water (Chine)
2ème | Tech United Eindhoven (Pays Bas)
3ème | ARES (Chine)

PLATEFORME STANDARD
Les matchs sont tous disputés par des robots NAO du français Aldebaran. Les équipes étant à égalité au niveau matériel, elles se défient sur leur coordination et leur jeu d’équipe.

1er  | UNSW Australia (Australie)
2ème | B-Human (Allemagne)
3ème | Nao-Team HTWK (Allemagne)

PLATEFORME – SIMULATION 3D
Deux équipes de onze joueurs virtuels s’affrontent sur un serveur où intelligence artificielle et stratégie d’équipe priment.

1er  | UTAustinVilla (Etats-Unis)
2ème | FUT-K (Japon)
3ème | FC Portugal (Portugal)

PLATEFORME – SIMULATION 2D

1er  | WrightEagle (Chine)
2ème | HELIOS2015 (Japon)
3ème | Gliders2015 (Australie)

vainqueurs de la robocup 2015

ROBOCUP RESCUE

Les robots doivent ici agir en situation de danger dans une épreuve de reconnaissance et de sauvetage.

1er  | MRL (Iran)
2ème | iRAP_Junior (Thaïlande)
3ème | YRA (Iran)

ROBOCUP @HOME

Ici, les robots doivent répondre à des situations classiques de la vie courante  : ouvrir une porte, s’orienter dans une maison, saluer un humain, etc.

1er  | Homer (Allemagne)
2ème | WrightEagle (Chine)
3ème | Tobi (Allemagne)

ROBOCUP @WORK

Cette compétition met en avant la capacité des robots à évoluer dans un environnement industriel et à y coopérer avec les humains.

1er  | LUHbots (Allemagne)
2ème | Robo-Erectus (Singapour)
3ème | b-it-bots (Allemagne)

ROBOCUP LOGISTIC LEAGUE

Une équipe de trois robots doivent être capables d’attraper, manipuler et transporter des objets tout en se coordonnant de façon autonome.

1er  | Carologistics (Allemagne)
2ème | Solidus (Suisse)
3ème | Baby Tigers (Japan)

ordinateur

réparation d'un robot

robots s'affrontent sur un terrain de football

robots attendent le coup d'envoi du match

Crédit photo  : Olivier Ly / Tech United Eindhoven / Aldebaran / Xinhua Rex Shutterstock / Reuters

Marlène Moreira (@mrlnmoreira)
Ex-Aldebaran et passionnée d’innovation et de robotique.


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