La RoboCup débute demain

La Robocup débute demain

Tous les ans, des équipes de chercheurs se retrouvent pour tester leurs dernières avancées en robotique. Pas de combat de robot mécha géants ici, ni de simulation de catastrophe, mais une balle, deux buts et 4 joueurs robots. La RoboCup Soccer, une compétition de football robotique, a pour objectif de créer une équipe de robots capable d’ici 2050 d’affronter l’équipe humaine championne du monde. Il s’agit de la compétition principale de la RoboCup qui rassemble plusieurs épreuves différentes au sein d’un même tournoi.

Cette année, le tournoi aura lieu à Heifei en Chine. Et une équipe française y sera. Les chercheurs du Laboratoire bordelais de recherche en informatique (Labri) se sont qualifiés pour la compétition. L’année dernière, ils avaient atteint les quarts de finale. Pas de changement dans l’équipe, puisque c’est à nouveau des robots Sigmaban qui porteront les couleurs tricolores. Nous retrouverons cette année Chewbacca, Mowgli et Django qui ont perdu l’année dernière contre le Japon. Selon le responsable du projet Rhoban, Olivier Ly, cette année, l’équipe va à la Robocup pour « prendre [leur] revanche ».

Les Sigmaban bordelais

Cette année toutefois, l’équipe du Labri comptera deux joueurs supplémentaires. Baptisés d’après les deux héros de la série d’animation japonaise cultissime sur le foot, Olive et Tom sont plus grands, plus rapides et plus puissants. De plus, l’organisation a quelque peu changé cette année, puisqu’au lieu d’un terrain lisse, l’édition 2015 se déroulera sur 3 centimètres d’herbe synthétique. Pour Olivier Ly, « ça change complètement la donne ». Les ingénieurs bordelais ont donc installé des capteurs sous les pieds des joueurs. Les robots savent ainsi exactement si leur pied est au sol ou en l’air. De plus, ils peuvent déterminer si leur poids est porté sur l’avant ou l’arrière. Ceci devrait leur permettre de taper dans la balle sans tomber au sol.

Les participants à la RoboCup 2014

Contrairement au DARPA Robotics Challenge, les robots ne doivent pas être trop avancés. Exit les sonars, les radars ou les visions LIDAR qui ne ressemblent pas assez aux capacités sensorielles humaines. Les robots sont équipés de caméras et doivent scanner le terrain pour trouver la balle. Cette année, le défi est de taille, puisque la balle orange, facile à repérer, est devenue blanche. Et pour un robot, distinguer une balle blanche sur une ligne blanche relève encore de l’exploit. De plus, selon Olivier Ly, les robots n’ont que des « petits calculateurs embarqués [et] doivent travailler dans un environnement dont ils n’ont qu’une vision partielle, brouillée. [Ils doivent] prendre une décision fondée uniquement sur des probabilités. »

Les robots Sigmaban, qui mesurent 90 centimètres de haut et possèdent des pieds carrés, sont le fruit de 6 ans de recherches. Ils se déplacent grâce à des articulations imitant l’anatomie humaine. En outre, ils ne devraient pas trop craindre les chutes, puisqu’ils sont capables de se relever assez rapidement. Leurs longs bras leur permettent d’effectuer un mouvement complexe pour se redresser, si complexe, qu’il a fallu le décomposer et l’intégrer partie par partie aux robots. Pour ce qui est de la stratégie d’équipe, Olivier Ly ne se fait pas trop d’illusions : « les robots partagent par wifi leur position, leur état, sont capables de se dire : Attention, j’ai la balle, ne me fonce pas dessus, mais il n’y a pas encore de vraies passes ». Voilà qui prouve que les robots ont déjà atteint le niveau de certains joueurs humains.

NAO la star de la RoboCup


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