Les robots livreurs passent à table

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La startup Marble vient de lancer ses robots autonomes de livraison de nourriture en partenariat avec Yelp. C’est une première mondiale et c’est du côté de la Californie que ça se passe.

San Francisco est en effet devenu mercredi la première ville à pouvoir goûter des repas livrés par robot. Des plats de restaurants ont ainsi été expédiés dans les quartiers de Mission et Portero Hill grâce à des robots mis au point par Marble qui s’est astucieusement allié avec l’application de commande de repas en ligne Yelp Eat24. Les commandes, placées dans des robots qui peuvent transporter l’équivalent de quatre sacs de courses, roulent sur les trottoirs et traversent les rues à la vitesse d’un homme au pas. Leur moyen de se repérer sur les artères occupées ? Des lasers, des caméras intégrés et autres capteurs type Lidar ! La technologie utilisée est donc la même que pour les voitures autonomes.

Mais ce n’est pas tout ! Ils sont capables de naviguer tout en cartographiant simultanément le trottoir pour optimiser leur parcours. Et ce, jour et nuit ! Marble prévoit même de « mapper » la majorité des trottoirs de San Francisco au cours de l’année prochaine… « Cela nous permet d’avoir un robot plus intelligent et plus fiable, qui connaît son environnement et est un minimum conscient de ce qui se passe », explique Matthew Delaney, patron et cofondateur de Marble.

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Ces derniers sont aussi reliés à des opérateurs qui, depuis les bureaux de Marble, peuvent intervenir à tout moment en cas de problème. Vous vous demandez comment retirer le gueuleton ? Très simple : quand ces petits drones autonomes terrestres arrivent à destination, le client reçoit un SMS avec un code à taper sur le clavier du robot, afin de débloquer le couvercle. « Nous sommes toujours à la recherche de solutions innovantes pour offrir aux clients ce qu’ils veulent, c’est-à-dire un service efficace et abordable de livraison de nourriture », précise à son tour le chef des opérations de livraison de Yelp Eat24.

En mode hybride pour quelques temps.

Marble, fondé en 2015 par Matthew Delaney, Jason Calaiaro et Kevin Peterson, a annoncé mercredi avoir levé 4 millions de dollars pour continuer à développer sa flotte de robots. Un trio qui n’en est pas à son premier coup d’essai. Originaires de l’Institut de la Robotique de Carnegie Mellon, ils ont notamment travaillé sur des voitures auto-conduite originales pour le DARPA Urban Challenge et ont également oeuvré sur un certain nombre de projets de robots autonomes pour le Google Lunar XPrize et le NASA Regolith Excavation Challenge. « Notre objectif à long terme, c’est de réduire les coûts et de faire en sorte que ce soit utile dans chaque ville de par le monde. Notre système renforce le commerce local et débloque tout le potentiel de l’économie à la demande », se félicite Matthew Delaney, très confiant pour l’avenir de ces robots qui, sur le long terme, livreront toute sorte de colis. De la simple épicerie aux produits de pharmacie…

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Mais Marble n’est pas la seule entreprise à innover dans ce secteur. Comme nous vous l’annoncions il y a un an, la start-up Starship Robotics, créée par les fondateurs de Skype et basée en Estonie, mène depuis mars 2016 des expérimentations pour son robot-livreur dans les rues du Royaume-Uni. Son ambition ? Conquérir le marché américain dès cette année, après avoir réalisé en décembre dernier un premier essai de repas livré par drone avec Just Eat, le géant européen de la livraison de nourriture. Quelques semaines plus tard, Domino’s Pizza annonçait un essai similaire avec son robot DRU dans une poignée de villes européennes… Sans oublier la concurrence des entreprises émergentes telles que Uber et sa plate-forme de livraison d’aliments UberEATS.

Il convient malgré tout de souligner qu’il existe encore de nombreux obstacles avant que les livraisons alimentaires par robot ne soient effectuées de manière entièrement autonome. Créés pour circuler seuls, ces livreurs du futur bénéficieront pour l’heure d’une escorte humaine pour leurs déplacements. En mode hybride donc encore pour quelques temps. Rien n’empêche un farceur de jeter un gros objet sur un robot pour lui entraver le passage. Ni même remplir de boue la caméra et les capteurs. Affaire à suivre.


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