Emma, le robot de massage qui soigne les sportifs singapouriens

emma le robot de massage de singapour

La start-up singapourienne AiTreat vient de dévoiler son premier robot masseur qui utilise les techniques de Médecine Traditionnelle Chinoise (TCM).

Héritage de son passé commercial, la cité-état de Singapour accueille de nombreux chinois (74% de la population), y compris des chercheurs innovants tels que le professeur Albert Zhang.

Particulièrement riche, l’île possède des universités de renom et se positionne en porte drapeau de l’innovation robotique et technologique. Au-delà de l’immense projet de smart-city, qui a déjà modélisé entièrement sa ville grâce aux technologies 3DS et commencé à équiper ses rues de milliers de capteurs en tout genre, la cité-état est également l’un des premiers centres d’innovation et de test sur la voiture autonome. Pas plus tard qu’hier, la ville annonçait lancer une première vague d’essais de taxis autonomes Delphi dans ses rues. Quelques mois plus tôt, c’était la start-up américano-singapourienne nuTonomy qui avait déjà été autorisée à expérimenter ses véhicules dans le quartier One North. Cette dernière participera également aux tests grandeur nature.

Albert Zhang devant son robot de massage Emma

Quand la médecine traditionnelle revit grâce à la technologie

Toutes les innovations citées plus haut sont tout ce qu’il y a de plus moderne. Mais qui a dit que les traditions ne faisaient pas bon ménage avec la technologie ? En tout cas, pas le professeur Zhang, qui associe médecine traditionnelle et robotique.

Voici donc EMMA, pour Expert Manipulative Massage Automation. Elle a enfilé la blouse début juillet dans deux cliniques singapouriennes dont la première clinique d’acupuncture de la ville Kin Tech Tong. Son rôle ? Masser les athlètes. Il s’agit d’un dispositif de TCM (Traditional Chinese Medicine) qui s’inspire donc des techniques médicales chinoises ancestrales.

Elle a été conçue par la très jeune start-up singapourienne AiTreat après seulement six mois de prototypage accéléré après avoir remporté le concours Microsoft Developer Day ainsi que le concours Spring Singapore’s Ace Start-up. Cette rapidité, elle la doit également à NTUitive, l’incubateur de l’Université Technologique de Nanyang, mais aussi, à ce bras robotisé disponible sur le marché, celui de la société Universal Robots, auquel a été ajouté une extension fait maison imprimée en 3D. La majeure partie du travail a donc consisté à fabriquer une plate-forme pour accueillir le robot mais aussi et surtout le logiciel et les capteurs pour que les mouvements du bras soient souples et fluides.

« Nous avons conçu Emma comme un instrument médical très précis capable d’opérer automatiquement des soins aux patients placés sous la garde d’un physiothérapeute ou d’un médecin chinois » explique Albert Zhang, créateur du robot.

composition du bras robotique Emma

L’objectif n’est pas de remplacer les thérapeutes par des robots, mais de les assister dans leur tâche, souligne le professeur. « En gros, le thérapeute doit programmer un protocole de massage pour dire au robot quoi faire. Puis la machine se charge du travail long et pénible » précise-t-il. Le thérapeute ne laisse pas sa place à la machine mais se sert d’elle comme d’un instrument pour faciliter ses activités.

En une semaine le robot avait déjà traité une cinquantaine de patients aux besoins différents : douleurs au coude, torticolis, douleurs au dos et muscles contractés. Dans la clinique spécialisée Kin Teck Tong, la majorité de la clientèle est constituée de sportifs en quête de relaxation ou de rééducation. Grâce aux différents capteurs d’Emma, le dispositif peut collecter des tas de données en temps réel et ajuster le tir en adaptant la force et l’angle de la pression exercée. Toutes ces données médicales sont ensuite envoyées sur le cloud de Microsoft qui rassemble les fiches de santé de tous les patients pour les analyser et générer des rapports d’évaluation du rythme de récupération de chacun d’entre eux. Un aspect très cher aux sportifs qui pourront ainsi mieux anticiper leurs rythmes de jeu tout en restant en forme.

La compagnie attend un investissement de la part d’un business angel et prévoit déjà de louer ses thérapeutes articulés à d’autres cliniques de médecine traditionnelle. Selon Zhang, si son produit fait sensation c’est parce que « à l’image de tous les pays développés, Singapour doit faire face au vieillissement de sa population. De plus en plus de gens souffriront d’arthrites et auront besoin de traitements« . Conjuguez cela à la très forte culture du massage qui règne dans les pays asiatiques et vous obtenez le cocktail parfait pour un business florissant.


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