Robotique industrielle : la Région Rhône-Alpes débloque 3,2 millions d’euros

En parallèle de la validation le 4 juillet de la feuille de route du plan « Robotique » par le comité de pilotage de la Nouvelle France industrielle, la Région Rhône-Alpes a annoncé qu’elle débloquait 3,2 millions d’euro dans le cadre du plan « Usine du futur » pour accompagner 200 sociétés de la filière robotique pendant trois ans.

Jean-Louis Gagnaire, vice-président au développement économique au conseil régional Rhône-Alpes, et Bruno Bonnell, président de Syrobo et chef de projet du plan « Robotique » pour le gouverment, ont présenté ce qui s’apparente à un modèle à suivre pour décliner le plan par Région.

Comme le souligne Jean-Louis Gagnaire, « notre industrie a besoin de gagner en compétitivité ». Avec un retard sur nos voisins européens en terme de densité robotique (nous vous en parlions précisément ici), la France a besoin de ce plan d’aide aux PME, et de manière urgente. On compte seulement 33 600 robots dans nos usines, contre 62 000 en Italie et 162 000 en Allemagne.

Pour accompagner les PME et les aider à franchir le pas, la Région Rhône-Alpes a pris les devants en débloquant ces fonds. Bruno Bonnell a insisté sur le besoin d’un réveil urgent de la France :

Il faut qu’on sorte de la morosité. Les gros l’ont compris, il est temps que les PME le comprennent. Le plan « Usine du futur » permet aux patrons de faire appel à des consultants de haut niveau, les mêmes qui conseillent les grands groupes. Il n’y a plus d’excuse. Les soutiens existent, il faut juste présenter des idées.

En effet, plusieurs programmes spécifiques d’accompagnement existent (c’est presque à s’y perdre!), comme le plan PME ou le ROBOT Start PME. Ce dernier, a été mis en place pour robotiser les entreprises afin d’éviter qu’elles ne délocalisent. De plus, la nouvelle génération de robots arrive, celle des cobots, qui va participer à ce mouvement de robotisation en révolutionnant les méthodes de travail dans les usines.

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« La robotisation est la meilleure arme contre la délocalisation, en raison des gains de compétitivité qu’elle peut offrir. » souligne Jean-Louis Gagnaire, et Bruno Bonnell de poursuivre : « Comme l’internet a transformé les services, la robotique va profondément changer l’industrie. Je dirais que cela va solidifier le numérique. Nous sommes en retard dans la robotique industrielle, mais ce n’est pas grave nous avons encore des opportunités. »

Une entreprise basée à Oyonnax dans l’Ain a su saisir cette opportunité au début des années 2000. Spécialisée dans la production de moules pour la fabrication de pièces thermoplastiques, l’entreprise Georges Pernoud SAS a acheté son premier robot pour gagner en productivité et contrer la concurrence venue des pays asiatiques. Aujourd’hui, l’entreprise est passée d’un robot à quatre et de 30 à 75 salariés.

Les rapports annuels de l’International Federation of Robots (IFR) le montrent : les pays les plus robotisés (Japon, Chine, Allemagne) sont ceux qui ont le mieux préservé les emplois dans l’industrie. Il faut chercher à rapprocher la robotique du tissu industriel existant en France afin que des synergies se créent et soient profitables à la fois aux structures en place et aux start ups innovantes.

La Région Rhône-Alpes lancera à l’automne son plan « Robotique » visant à mieux structurer cette filière dans la région.


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