Des humanoïdes remplacent les ouvriers d’une usine japonaise

Quand on vous disait que la série Real Humans n’était pas si éloignée de la réalité… Au Japon, depuis près de trois ans déjà, un industriel a commencé le remplacement de ses ouvriers par des robots humanoïdes. Pour les plus sceptiques, sachez que l’entreprise n’a licencié aucun de ses employés.

Il s’agit du groupe industriel Glory, qui est un des leaders mondiaux des appareils de traitement de la monnaie. La société collabore depuis 2010 avec le japonais Kawada Industries – qui développe notamment les robots humanoïdes HRP – . Ensemble, ils ont mis au point une petite équipe de robots ouvriers capables d’atteindre 80 % de la productivité d’un humain, selon Katsuhiko Maruo, le directeur de l’usine Glory.

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En novembre 2010, Glory commence par s’équiper d’un premier robot multitâches, le NextAge, produit par Kawada. Celui-ci lui permettait de réduire les coûts de sa main d’oeuvre tout en se rapprochant du « 0 défaut ». L’année dernière, Glory passait à dix robots ouvriers. L’équipe s’agrandit cette année et passe à treize robots.

NextAge est une plateforme humanoïde sur roulettes capable d’effecteur plus d’une dizaine de tâches différentes. Elle a été développée dans le cadre du projet NEDO focalisé sur la prochaine génération de robots industriels manufacturiers. NextAge peut évoluer dans un environnement humain, comme par exemple sur une chaîne de montage, et exécuter des tâches avec répétabilité. Ses constructeurs souhaitent qu’on le considère comme un robot assistant et non comme un concurrent pour l’homme, c’est un outil technologique au service de l’humain avant tout.

NextAge est constitué de deux parties : son buste, qui est la partie du robot exécutante, et sa base qui contient le matériel informatique (OS : QNX, CPU : ATOM N270 1.6GHz) ainsi que les roues pour se déplacer. Le robot possède quinze axes de liberté, quatre capteurs de vision situés à la place de ses yeux et au bout de ses deux bras. Les caméras détectent des marqueurs spéciaux qui guident les bras pour plus de précision. Chaque bras peut supporter des charges allant jusqu’à 1,5 kilogrammes (donc 3 kilogrammes en tout). Il mesure 174 cm (de la tête à sa base) et pèse 49 kilogrammes (buste + base). Ses bras possèdent des attaches auxquelles l’opérateur accroche des outils pour ses besoins spécifiques.

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Dans l’usine Glory, les robots NextAge assemblent des pièces. Il se les passent entre eux et sont capables de réorganiser et ranger, seuls, leur plan de travail. « La grande différence, c’est qu’il ne font pas de pause, ils n’ont pas de week-ends, pas de congés et ils travaillent aussi la nuit », se réjouit Katsuhiko Maruo. « Les robots classiques travaillent vite et avec précision, mais ils réalisent peu de tâches différentes et n’offrent pas la souplesse et la finesse des humanoïdes ».

Chaque humanoïde coûte environ 60.000 € (7,4 million de yens précisément), soit une somme équivalente au paiement du salaire et des charges d’un ouvrier travaillant un an dans l’usine Glory. Ensuite, la machine ne consomme que 1.600 yens d’électricité (13 euros) par mois.

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Et l’homme dans tout ça ?

Apparemment, l’arrivée de ces très spéciaux ouvriers n’a provoqué aucune colère sociale au sein de l’entreprise. Sans doute parce que les effectifs n’ont pas été réduits et qu’on leur a confié des tâches moins pénibles. L’usine de Saitama emploie toujours 320 hommes alors que des nouveaux partenaires robots sont attendus d’ici la fin de cette année.

Équiper ses usines avec des robots n’est pas anodin pour une nation comme le Japon, qui devra affronter prochainement les problèmes dus au vieillissement de sa population. Avec un déclin démographique (plus de décès que de naissances ont été enregistrés l’an dernier) qui va se répéter dans les prochaines décennies, le pays va devoir trouver une solution pour repeupler ses usines. Et les robots semblent être la solution.


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  1. GuyGilles

    Excellent....
    L'homme n'étant pas fait pour travailler mais seulement créer et prendre du plaisir.
    Les patrons et les syndicats ne seront pas contant.... mais c'est comme cela.
    C'est l'ouverture vers un monde sans argents avec ce genre de technologies.
    J'approuve et j'adhère totalement.
    Cela sera dure au départ, voir très dur car le patronat remplacera les hommes.
    Mais la roue tourne et c'est le système complet qui s'écroulera.
    L'âge d'or quoi.

  2. zelectron

    Cette brève description montre à l'envie ce dont souffrent les PMI/RTI manufacturières françaises: de l'arrogance de l’exécutif atteint d'une cécité technologique et scientifique intemporelle, aidé en cela par une administration d'une incurie atteignant des sommets vertigineux. Des sommes considérables dépassant l'entendement sont gaspillées en frais de fonctionnement de la pesante machine de l'état au détriment du pays par l'indigence décisionnaire de ces "ministres intègres". En attendant les petites sociétés vont pouvoir rejoindre le cimetière bien encombré d'un nombre effarant de consœurs ayant toutes en commun essuyées les sarcasmes de politiciens ignares. Puissent-elles avant ce moment là renaître de leurs cendres sous d'autres cieux ! ET POURTANT LES ROBOTS EXISTENT !