Des musiciens d’un nouveau genre au Georgia Tech

Les robots ont d’abord été créés pour assumer des tâches répétitives et manuelles, pour la majorité, industrielles et techniques. Mais avec les progrès réalisés dans le champ de la robotique, des neuro-sciences et de l’intelligence artificielle, le fantasme des robots artistes se fait de plus en plus jour.

Les robots ont décidément bien dans l’idée d’imiter nos talents artistiques et esthétiques, compétences que l’on croyait infaillible car insondable par la technologie. Il n’en est rien ! Les robots investissent progressivement le champ de l’art. Une intelligence artificielle avait ainsi passé la première épreuve d’un concours littéraire au Japon tandis que des chercheurs du MIT s’activent à concevoir un drone peintre qui imite les mouvements de l’Homme. Et ce n’est là qu’une poignée d’exemples d’initiatives pour mettre la robotique au service de la création artistique.

Encore faut-il que cette robotique dépasse la frontière entre imitation et création. Création qui constitue l’un des derniers refuges de l’Homme face à la machine en termes de capacités.

A l’université Georgia Tech, c’est tout un département qui travaille sur la musicologie et la technologie. Le Centre de Technologie Musicale de l’université est composé de différentes sections de recherche, l’une spécialisée en acoustique, l’autre en musicologie mobile… Et une spécialisée dans les robots musiciens. C’est de celle-ci qu’est sorti Shimon, un robot amateur de miramba, un genre de xylophone africain.

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L’idée derrière sa conception, c’est d’explorer le potentiel d’improvisation des programmes artificiels. L’ultime barrière de la création est donc remis sur la table par les chercheurs de Georgia Tech. Shimon est donc un robot d’improvisation destiné à jouer de concert avec un humain. Car la musique c’est avant tout un travail d’équipe, dans lequel chacun joue son rôle avec sa partition qui lui est propre. D’où la difficulté de concilier musique robotique et humain. L’objectif étant de réussir à faire que le robot adapte son jeu d’instrument à celui de son collègue humain. Malgré des degrés de liberté assez limités (seulement trois), le robot est capable d’une grande inventivité. En s’inspirant de techniques issues des domaines de l’animation, de l’architecture, du motion design et de l’ingénierie mécanique, les chercheurs ont réussi à créer un robot musicien qui compte déjà plusieurs concerts à son actif, de Washington à Tokyo en passant par Munich.

Pour concevoir ce robot musicien, ses inventeurs ont emprunté à la perception des sons, à l’interaction et à l’improvisation, dans le but de produire des mélodies répondant à des attitudes à la fois sonores et physiques de la part de son collègue humain. Cette collaboration en temps-réel repose donc sur la créativité et l’émotion injectée dans la musique par l’humain, mais aussi sur les facultés de calcul algorithmiques d’un ordinateur. L’avantage par rapport à un simple programme informatique, chose qui existe déjà, c’est que le robot par son apparence physique peut, lui aussi, communiquer visuellement avec l’humain. En percevant la gestuelle du robot, l’homme peut lui aussi adapter son jeu, son rythme à celui du robot et ce de manière anticipée. C’est donc un véritable travail d’équipe que les chercheurs ont réussi à mettre au point. Démonstration en vidéos.

Shimon et Travis ont eu l’occasion de montrer tous leurs talents d’improvisateurs à l’occasion du festival de musique technologique Moogfest :

Le Centre de Technologie Musicale de Georgia Tech a débuté la conception de ce robot il y a de cela plus de 7 ans. Shimon a aujourd’hui un petit frère dénommé Travis. Plus petit et plus modeste, Travis est un robot qui fonctionne de concert avec un smartphone. Faisant office d’enceinte intelligente, il exploite les avancées technologiques de son grand frère en matière de reconnaissance visuelle et sonore pour proposer ses bons et loyaux services de recommandation musicale. En bref, Travis est un genre de Shazam amélioré et robotique.

Enfin, dernière invention du CTM : la prothèse robotique pour jouer de la batterie !

Crédits Photos : Georgia Tech CMT et Quartz/Mike Murphy.


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