Les Emirats Arabes Unis voient déjà des robots policiers à Dubaï d’ici 2020

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Dubaï, ville la plus riche des Emirats Arabes Unis, organisera l’Expo 2020. A cette occasion, les autorités comptent déployer des agents de police artificiels.

RoboCop devrait bientôt sortir de la fiction pour rejoindre la réalité. Ce film culte qui mettait en scène un policier cyborg pour combattre le crime au delà de ses limites physiques a longtemps fait rêvé les esprits… et les services d’ordre. La ville de Dubaï vient d’en dévoiler un prototype qui lui est bien réel.

L’histoire a été rapportée par Emirates 24/7. Et c’est un représentant de la Police de Dubaï lui-même qui l’annonce : les robots policiers pourraient commencer à patrouiller dans l’émirat à partir de 2020, date de l’exposition universelle qui se tiendra à Dubaï, smart city en devenir.

« Les robots pourraient tout à fait remplacer des policiers sur des tâches spécifiques. Nous travaillons sur un projet qui devrait aboutir à l’Expo 2020 » a indiqué le Colonel Khalid Razooqi, Directeur général du département de Smart Police de Dubaï, car oui, il existe bien un département spécialisé dans la police intelligente aux Émirats Arabes Unis.

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C’est à l’occasion d’une conférence sur les objets connectés que la Police de Dubaï en a profité pour présenter un modèle d’agent de l’ordre 4.0. Un modèle déjà en action durant toute la semaine du Gitex Technology 2015 qui s’est déroulée en octobre dernier. De quoi procéder à un premier retour de la part des utilisateurs qui semblent avoir été satisfaits. Ce projet comporte deux volets. Le premier consistera à produire les machines industriellement quand le second visera à développer des systèmes d’intelligence artificielle pour les implanter dans les robots. Le Colonel a également précisé qu’ils étaient tout près de trouver une entreprise pour produire ces policiers du futur.

Quant au développement de l’intelligence artificielle, la Police de Dubaï n’y est pas allée par quatre chemins et s’est procurée les bons et loyaux services de Google et IBM, les deux leaders du secteur. Car la Police locale n’en est pas à son premier coup d’essai, le département de Smart Police a d’ores et déjà fait appel aux Google Glasses pour permettre à ses agents de réaliser des rapports complets et rapides d’accidents ou de scènes de crimes. Les Experts de la série télévisée du même nom et leur improbable faculté à détecter la moindre trace d’ADN ou de sang sur une scène de crime pourraient avoir un nouveau concurrent, et bien réel lui aussi.

La Police fait également appel aux témoignages publics de personnes présentes lors de l’accident ou du crime, réunis sur une plate-forme mobile. « Nous avons déjà résolu plusieurs affaires grâce aux photos prises par le public« . Des photos qui ne sont en aucun cas téléchargées sur internet rappelle-t-il, auquel cas cela pourrait menacer le bon déroulement des enquêtes tout en violant la vie privée des individus dont la vie a été déballée sur les réseaux.

Au chef du département d’innovation technologique, le Major Adnan Ali, d’expliquer que des policiers artificiels pourraient prendre du service dès 2017. En attendant, la police de Dubaï fait tout son possible pour « améliorer l’intelligence artificielle, les caméras et tout l’équipement qui permettront au robot de repérer des personne de 10 à 20 mètres pour venir les saluer« . Les RoboCop de la péninsule arabique devraient entrer en action dans les zones touristiques dans un premier temps, puis de manière plus prononcée dans un second temps, une fois le dispositif bien rôdé.

La première fois que le Colonel avait révélé la teneur du projet, c’était en 2015. Il en avait profité pour rassurer la population en affirmant que les systèmes autonomes « ne seront pas armés, mais porteront des microphones et des écrans connectés en permanence au système de sécurité de la Police« . Car en attendant que la question juridique de la responsabilité des machines soit clairement débattue et écartée, aucune ne pourra porter d’armes. Sans quoi on ne saurait à qui imputer la responsabilité d’une décision.

Ces mêmes problématiques provoquent actuellement un vif débat aux États-Unis, notamment autour de la voiture autonome. Les autorités et les assurances ayant clairement besoin de déterminer qui sera responsable en cas de bavure ou d’accident, le système autonome ou bien le conducteur ?

Google a déjà obtenu un début de réponse le 4 février dernier, lorsque la National Highway Traffic Safety Administration avait avancé qu’en cas d’accident ce serait le logiciel interne de la voiture qui serait à blâmer, c’est à dire l’entreprise qui l’a produite : Google. « La NHTSA interprétera le terme ‘conducteur’ dans le contexte décrit par Google, comme le système de conduite autonome, et non un quelconque occupant de la voiture. Nous sommes d’accord avec Google pour dire que les voitures autonomes n’auront pas de conducteur au sens que l’on entend traditionnellement depuis plus d’un siècle« , avait déclaré l’autorité américaine dans une lettre de réponse à Chris Urmson, directeur du projet Google Car. Un petit pas pour la Google Car, un grand pas pour les systèmes autonomes.


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