VivaTech 2016 : résumé en vidéo d’un évènement très prometteur

Voiture autonome, réalité virtuelle, Big Data et objets connectés. Tels étaient les maîtres mots de la première édition du salon Viva Technology. Notre sélection des projets innovants.

VivaTech : les technologies en grand

Pour sa première édition le salon VivaTech a placé la barre très haut. D’éminentes figures du monde des affaires mais aussi politiques se sont rendues sur le salon pour intervenir ou pour jeter un œil aux dernières innovations, comme Emannuel Macron et François Hollande, passé dans l’après-midi en compagnie de Maurice Levy, PDG de l’organisateur de l’événement, Publicis, avec Les Echos.

Les organisateurs ont donc vu les choses en grand et ont mis les bouchées doubles : plus de 500 entreprises et start-ups venues présenter leurs projets, plus 300 conférences réparties sur huit scènes. Parmi les stands les plus imposants, on trouvait celui d’Orange, de la SNCF, de TF1 Media Lab, Carrefour, et bien évidemment Google et Facebook, les deux invités de marque. Et pour donner une vision de l’avenir à travers le prisme des technologies, on pouvait compter sur la présence d’Eric Schmidt, CEO d’Alphabet, David Kenny, patron d’IBM Watson, John T. Chambes, patron de Cisco, mais aussi de David Marcus de Facebook et de Demis Hassabis, patron de Deep Mind. Tous exposaient leurs produits les plus innovants : voiture autonome, robotique, drones… Mais les segments les plus en vogue étaient sans aucun doute la réalité virtuelle et l’usage des datas pour fournir des services ciblés et optimisés.

D’après Maurice Levy, directeur France de Publicis, le « pari a été réussi puisque 45 000 visiteurs se sont rendus sur le salon« , explique-t-il dans un entretien accordé au Parisien. Et d’ajouter que la mission de Viva Tech a été largement accomplie : « Viva Tech avait trois objectifs, qui ont été remplis. A l’instar du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, nous voulions montrer les dernières plus belles innovations. Le salon s’est également transformé en un formidable laboratoire de collaboration entre les grandes entreprises et les start-up, ce qu’on n’avait jamais vu nulle part ailleurs. Enfin, de nombreux débats et conférences de grande qualité ont été organisés. Viva Tech, c’est à la fois Las Vegas et Davos !« , conclut-il par une note positive puisqu’il annonce déjà la tenue d’une seconde édition à l’automne 2017.

Google Jacquard

Le stand Google était incontestablement le mieux achalandé de ce salon VivaTech. La branche française du groupe américain y présentait ses produits phares comme le Tilt Brush, une application de réalité virtuelle pour peindre des tableaux en 3D ; Google Cardboard, le casque de réalité virtuelle low-cost en carton ; mais aussi et surtout son prototype de voiture autonome, pour la première fois en Europe, et donc en France.

Mais l’innovation la plus sous-estimée et qui pourrait pourtant complètement bouleverser nos modes de consommation et d’utilisation des technologies de l’information, c’est bel et bien le projet Google Jacquard, du nom du célèbre inventeur français. Ce projet a été pris en main par Ivan Poupyrev, un ingénieur russe passé par les départements de recherche de Walt Disney et de Sony, d’où son intérêt pour ce projet qui révolutionne l’expérience utilisateur. Il nous a présenté le projet Jacquard.

Chaque fil est en réalité composé de douze filaments qui enveloppent un cœur conductif. Mais le plus surprenant c’est que pour arriver à ce tissu hi-tech, il n’est même pas nécessaire de procéder d’une autre manière que pour tisser des textiles ordinaires. Les premiers textiles connectés de Google ont été inspirés des travaux d’un artisan japonais, tailleur de kimonos des plus traditionnels. Et la première veste a été réalisée par un tailleur londonien pour tester la robustesse de leur tissu, finalement atteinte après d’innombrables prototypes de tissage. Toutefois, ce sont deux processus lents et méticuleux, et il a donc fallu se tourner vers un procédé de production de masse plus abordable. Pour cela rien de tel que de se tourner vers les bonnes vielles usines à tisser indiennes. La production sera entièrement reléguée à Levi’s.

making-levis-garment

Ce projet de textile connecté n’en est plus vraiment un puisqu’il s’apprête à entrer sur le marché. Grâce à un partenariat avec Levi’s (dont le siège est tout prêt de celui de Google), le géant du web entend commercialiser la première veste connectée au monde. Ce vêtement s’inscrit tout particulièrement dans la gamme « commuters » de Levi’s et vise donc une clientèle mobile, notamment les cyclistes. Une des conditions de Levi’s pour commercialiser le produit était que la partie connectique et électronique soit totalement invisible, explique Poupyrev. Google a répondu présent mais le problème était alors qu’on ne pouvait pas voir où l’interactivité se faisait. Ils ont donc inventé un bracelet connecté à attacher sur la manche. Le cycliste ainsi muni de sa veste et de son smart tag avec réponse haptique et lumineuse peut interagir avec son téléphone (gestion des messages, appels et indications GPS) sans même le sortir de sa poche. L’outil parfait donc pour les commuters, les habitués des trajets maison-boulot à vélo. Le Smart Tag est rechargeable par USB et dispose d’un voyant lumineux pour donner des indications à l’utilisateur tandis que des capteurs haptiques permettent à celui-ci de contrôler son outil à distance. L’idée, à terme, est de se débarrasser complètement du téléphone. Une phase de développement tiers sera bientôt lancée pour permettre aux développeurs de créer des applications et outils pour fonctionner avec cette veste nouvelle génération.

Enfin, Ivan Poupyrev a annoncé avoir déjà noué un partenariat avec Cintas, le leader de la location d’uniformes aux Etats-Unis. Le but ? Intégrer le textile connecté dans les hôpitaux pour éviter au maximum les infections, dans la mesure où les téléphones portables sont les objets transportant le plus grand nombre de bactéries. A la question « pensez-vous intégrer des techniques de rechargement solaire sur vos vêtements ?« , il répond que l’idée les séduit mais qu’il y a encore beaucoup à faire pour perfectionner le modèle actuel.

DroneVolt présente son drone 360°

Officiellement lancé mercredi dernier, le Janus 360 de Drone Volt est un engin volant spécialement conçu pour la réalisation de vidéos en 360° inspiré des techniques de réalité virtuelle.

A la question « à quand du pilotage de drone directement en VR ? » Drone Volt nous répond que l’idée a fait son chemin dans l’entreprise mais qu’une telle fonctionnalité nécessiterait d’embarquer directement un ordinateur miniature à bord de l’appareil. Ce qui contribuerait à réduire considérablement son autonomie de vol, déjà limitée à 15 minutes malgré une structure entièrement en carbone. Et pour cause, le système est équipé de dix caméras GoPro de façon à recouper les images et créer cet effet 360° si particulier. Le drone pèse 4,9 kg, parachute compris, pour un coût de 20 000 €, contre 14 000 € sans le parachute et sans les GoPro. Un prix particulièrement élevé mais qui s’explique par la technologie déployée et par plus de six mois d’efforts pour miniaturiser tous les composants, hormis les batteries qui peinent à évoluer assez rapidement. D’autant plus que le marché que vise Drone Volt est celui du professionnel, et notamment celui de l’audiovisuel.

Mais le français est confiant, il existe des techniques qui permettent d’activer certaines caméras en fonction des mouvements de la tête et ainsi d’éviter que toutes s’activent et envoient des informations en continu. Car réaliser un drone à vision 360° est déjà possible en soi, mais ses performances ne sont pas encore au rendez-vous pour le commercialiser. En tout cas, le Janus 360 a déjà une dizaine de commandes à son actif. En attendant d’inonder le marché de ses « caméra-drones », la société travaille sur un système pour replier son produit et pouvoir l’emporter facilement avec soi.

Drone volt et casque d'immersion 360 degrés

MIP Robobotics, la cobotique made in France

La cobotique miniature et abordable. Tel est le crédo de la jeune société MIP, née de la réunion d’un ancien financier et d’un ingénieur il y a un an et demi. Depuis, l’équipe s’est agrandie avec quatre autres ingénieurs. Son premier modèle est cependant le fruit d’une recherche & développement plus ancienne appelée « Junior » et constitue un modèle « d’entrée de gamme pour les PME. Avec un prix de 8000 €, il est rentable en quelques mois » explique Gonzague Gridel, l’un des co-fondateurs. Il s’agit d’un bras robotisé à quatre axes, de 12 kg et qui peut en supporter 12. Une interface est directement intégrée sur la base du robot par le biais d’un petit écran tactile simple d’utilisation. Un bras collaboratif car ses quatre parties sont équipées de capteurs pour détecter une force opposée et arrêter immédiatement le processus. Mais ce qui est fort, c’est la préhension des pinces. Grâce à des moteurs sensibles, la pince peut adapter sa force en se basant sur l’effort consenti. Il peut donc s’adapter à la taille et masse de l’objet saisi. Cela veut dire qu’il n’y a pas besoin de programmer la machine à se saisir de tel ou tel type d’objets, elle le fait intelligemment de façon autonome.

MIP Junior

MIP vise les secteurs de la petite préhension, comme la cosmétique. Elle s’apprête d’ailleurs à livrer trois clients en septembre. L’un de ces clients faisaient « un million de poses de mousse sur des plastiques par an, donc ils ont été assez contents qu’on trouve une solution pour eux« . Prochaine étape ? « L’idée est de le rendre intelligent en lui donnant la vision mais aussi la faculté de comprendre les commandes vocales« . Junior devrait à terme avoir un petit frère plus imposant car l’équipe travaille déjà sur une machine plus grande.


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