Softbank veut dynamiser les campagnes japonaises avec des bus autonomes

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Six mois après avoir ouvert sa branche dédiée à la mobilité intelligente, SoftBank mène déjà des tests sur routes dans les campagnes japonaises. Objectif : redonner aux populations vieillissantes et isolées du Japon des moyens de transport dignes de ce nom.

Un nouvel axe de développement pour le géant des télécoms

Fin mars, SoftBank Group révélait ses plans concernant la conception de systèmes d’autonomie pour de petits bus et camions, avec, une mise en vente dès 2018 comme point d’orgue.

Ces plans devaient naître d’une opération boursière visant à s’emparer de la société Advanced Smart Mobility en acquérant 40% des parts de la compagnie. Celle-ci a en fait été fondée en 2014 par un ancien ingénieur de Toyota Motor. SoftBank devait notamment venir compléter l’ingénierie des anciens employés du groupe automobile avec son savoir-faire en matière de télécommunications et de sécurité informatique.

Une entrée au capital qui s’est soldée par l’établissement d’une nouvelle joint venture au sein du groupe : SoftBank Drive. Et ce, dans l’unique but de commercialiser un dispositif de contrôle pour les bus et camions, qui sont, comme le soulignait l’entreprise, deux types de véhicules dont la particularité est d’emprunter des routes prédéfinies. Une caractéristique qui n’est pas à prendre à la légère puisque partout où il y a prédictibilité, il y a un potentiel d’automatisation. A l’image du français Navya qui vient d’inaugurer sa première ligne de desserte autonome à Lyon Confluence, et à la différence de Google ou de Tesla, le japonais préfère capitaliser sur un mode de transport qui offre une entrée en matière plus douce dans le monde de la mobilité autonome.

Pour l’heure, peu d’informations ont fuité sur la nature des projets développés dans ce nouveau service entièrement dédié à la mobilité, et plus spécifiquement à la mobilité intelligente. Toujours est-il qu’en plus d’avoir établi cette joint venture, le géant des télécoms a investi dans la foulée près de 500 millions d’euros dans la compagnie Advance Smart Mobility et a annoncé des partenariats avec divers universités et gouvernements locaux japonais.

Si l’on en croit le communiqué de SB Drive, celle-ci bénéficiera également de l’aide de Yahoo Japan et de l’ITS Center de Tokyo, tout deux partenaires de SoftBank. Bien que l’ampleur de leur collaboration reste imprécise, l’on sait tout de même que c’est avec l’ITS de l’Université de Tokyo qu’Advanced Smart Mobility développe son système de contrôle intelligent. Tandis que SoftBank apportera « son savoir-faire en matière d’infrastructures de communications, de sécurité, et d’analyse de données grâce à Yahoo Japan« . Sur son site, ASM définit le projet comme « une étroite collaboration entre l’industrie, le gouvernement et le milieu universitaire ». L’objectif étant d’améliorer le réseau de transport des villes grâce aux technologies.

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Et des premiers tests en province japonaise

Le 5 septembre, enfin du nouveau. La filiale automobile du groupe japonais annonçait la signature d’un partenariat avec la ville de Hamamatsu, située au sud-ouest de Tokyo. Une collaboration avec la ville, mais également avec Suzuki et la société ferroviaire Enshu Railway. L’objectif étant d’améliorer la couverture des transports pour les 800 000 habitants de Hamamatsu grâce aux technologies des trois entreprises.

Ce type de partenariat passé entre une ville et SB Drive n’est pas le premier, mais il est très certainement l’un des plus importants. Moins d’un mois après la création de la branche automobile, SoftBank s’associait déjà avec la ville de Kitakyushu à l’extrême ouest de l’archipel. Le 23 mai, le groupe signait un accord avec le village de Yazu-cho, situé dans la préfecture de Nottori, au centre Nord du pays. Un troisième était signé le 28 août dernier avec la petite ville de Hakuba, un peu plus à l’ouest, dans la préfecture de Nagano. Ils prévoyaient déjà de déployer une solution de bus autonomes afin de desservir les habitants de ces régions. Des régions relativement isolées et où vivent un certain nombre de personnes âgées habituées à se déplacer en transports en commun. Or, le réseau peine à suivre la demande par manque de moyens. Une aubaine pour l’entreprise de Masayoshi Son, qui n’a pas manqué de saisir l’occasion pour offrir un service révolutionnaire.

A bus in Yazu, Tottori, one of four towns partnering with SB Drive on autonomous driving tests. (Photographer: Yuki Saji via Bloomberg)

Depuis sa création le 1er avril, la branche Drive du groupe de télécoms s’est donc déjà associée avec quatre villes pour expérimenter ses véhicules autonomes et serait un nouveau signe de la réorientation stratégique du groupe après la reprise en main de Masayoshi Son, fondateur historique de l’entreprise. Lors de l’annonce du départ de celui qui devait être appelé à le succéder, Masayoshi Son en a profité pour dérouler son vaste plan pour atteindre la Singularité grâce à l’intelligence artificielle. Au delà de ses robots Pepper, emblème de l’élargissement technologique de ses activités, le groupe s’est également associé à Honda pour concevoir un robot émotionnel capable de nouer des liens intimes avec son utilisateur. Des projets qui bénéficieront sans aucun doute des puces d’ARM, passé sous son giron en juillet dernier pour un total de 31 milliards de dollars.

Les bus de SB Drive ont d’ores et déjà commencé à battre le pavé, puisque Yuki Saji, son CEO, et son équipe ont déjà transporté des personnes pendant environ 30 minutes sur les routes de Yazu-cho. D’après Saji « dans ces endroits, la vie des vielles personnes dépend essentiellement des horaires des bus« , c’est ce qui explique la nécessité de mieux équiper la ville en transports. « Et dans 5 à 10 ans, c’est toute l’Asie qui verra sa population vieillir, et nous aurons un marché à conquérir » a-t-il expliqué à Bloomberg.


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