Softbank et Honda s’allient pour créer un robot attachant

Les deux géants de l’industrie et des services japonais SoftBank et Honda s’associent pour concevoir un robot de mobilité capable de nouer des relations fortes avec son utilisateur.

La course à la robolution ressuscitée au pays du soleil levant

Malgré les apparences, la robotique se porte très bien dans l’archipel qui a vu naître les premiers robots.

D’un côté, il y a Honda. Groupe automobile et créateur du tout premier humanoïde commercial de l’histoire, Asimo. Si l’appareil n’a jamais rencontré le succès jusqu’à être complètement abandonné, la division robotique de Honda ne s’est jamais vraiment éteinte. En 2012, Honda dévoilait Miimo, sa premier tondeuse autonome. En 2014, Honda North America dévoilait un Asimo rafraîchi, capable de manipuler des objets avec une dextérité nouvelle. Toutes ces années, Asimo a volé la vedette à bien d’autres projets du groupe japonais. A commencer par Walking Assist, un exosquelette d’aide à la marche, mais qui n’est accessible qu’aux professionnels de l’archipel. Il y a aussi Uni-CUB, un genre de hoverboard assis.

Le walking assist et le Uni-cub de Honda Robotics

De l’autre, il y a SoftBank, géant de la téléphonie nippone et propriétaire de SoftBank Robotics, ex-Aldebaran et créateur des humanoïdes Nao et Pepper, les deux premiers succès commerciaux dans le domaine. Et malgré le départ du père de Pepper, parti fondé sa propre entreprise nommée Groove X aux desseins encore relativement mystérieux, la cible principale du groupe japonais n’a pas quitté sa ligne de mire. Au contraire, depuis la démission du numéro 2 du groupe, Nikesh Arora, son patron emblématique a même verrouillé sa cible comme jamais auparavant. Masayoshi Son veut tout faire pour atteindre la Singularité au plus vite, du moins pendant les cinq prochaines années qu’il passera aux rênes du groupe. Hier encore, l’entreprise annonçait mettre la main sur la holding ARM, leader de la fabrication de composants électroniques, et ce pour la bagatelle de 32 milliards de dollars.

Face à son nouveau rival Sony, qui s’était lancé de nouveau dans la course à l’intelligence artificielle en rachetant Cogitai, une start-up américaine spécialisée dans le domaine, l’opérateur est prêt à tout, y compris à s’allier avec un autre poids lourd de l’industrie japonaise.

Partenariat SoftBank / Honda

SoftBank Corp et Honda R&D, la branche de recherche du constructeur automobile annoncent ce jeudi 21 juillet la signature d’un partenariat inédit. Les deux parties collaboreront dans un programme de recherche commun qui vise à mettre au point un « moteur émotionnel », une intelligence artificielle développée par Cocoro SB, une filiale de SoftBank qui développe des applications et logiciels pour les hardwares du groupe. En 2015, la filiale lançait par exemple Robot Dispatch, un service de location de Pepper facturé 1500 yens (12,8€) à l’heure pour effectuer une tâche bien précise. Dans ce cas précis, il s’agissait simplement de distribuer des mouchoirs aux passants.

L’objectif de cette alliance est naturellement de faire avancer la recherche dans le domaine de l’IA grâce à un système d’innovation ouverte. Ses travaux se feront probablement dans les futurs locaux du tout nouveau laboratoire Honda R&D Innovation Lab, qui ouvriront en septembre prochain.

Les deux géants nippons travailleront donc main dans la main pour développer une toute nouvelle solution de mobilité capable d’interagir avec son conducteur grâce à une série de capteurs et caméras, et qui devront ainsi parvenir à capter et interpréter les émotions de l’utilisateur pour engager des conversations qui tiennent la route, sans mauvais jeu de mot. Le but, comme souvent au Japon, étant de créer un objet a priori utilitaire en un véritable compagnon de route qui apprendra au fil de ses expériences de façon à stimuler le relationnel de son propriétaire.

C’est exactement le type de projet que couvait Kaname Hayashi en quittant le navire SoftBank pour fonder Groove X. Et ce n’est pas un hasard si les robots sont si populaires dans l’archipel, du tamagotchi aux créatures du Dr Ishiguro en passant par le chien robot Aibo, les machines créées par les ingénieurs nippons ont toujours eu vocation à combler un vide relationnel chez les consommateurs japonais. Des consommateurs qui semblent toujours avoir tendance à nouer des relations fortes avec leurs objets, bien loin de leurs homologues occidentaux qui n’y voient que l’aspect utilitariste. Une particularité culturelle qui, après plusieurs décennies, semble toutefois avoir gagnée les contrées lointaines de l’Europe et de l’Amérique, puisque américains et français sont aujourd’hui les premiers à concevoir des robots de compagnie, à l’instar d’un Buddy ou d’un Zenbo. Ou bien justement d’un Pepper, conçu par le français Aldebaran mais passé sous le giron de SoftBank depuis.


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