SuperFlex, le premier prototype d’exosquelette souple du futur

La société SRI International a dévoilé le mois dernier SuperFlex, son premier prototype de combinaison souple intégrant un exo-squelette ultra-léger.

On le croirait tout droit sorti d’un film de science-fiction. Mais SuperFlex nous provient bien de la réalité. Le prototype a été conçu par l’entreprise SRI International. Une société américaine qui a fait de la Recherche & Développement son cœur de métier. SRI International, c’est plus de 2000 employés, 4000 brevets et 60 spin-off pour plus de quatre milliards de dollars dépensés dans la recherche en dix ans. La société est elle-même une spin-off de l’Université de Stanford. Créée en 1946 au sortir de la guerre, SRI a pour vocation de tirer profit de l’inventivité et du savoir-faire des chercheurs américains. Indépendante depuis 1970, l’entreprise réalise désormais plus de 500 millions de chiffre d’affaire par an. Une nouvelle preuve vivante du savoir-faire américain lorsqu’il s’agit de tourner une idée en business.

Ses travaux couvrent un large spectre d’activités. De la santé à l’industrie en passant par l’éducation, le groupe innove dans tous les domaines. Robotique, informatique, et technologies en tout genre, la société travaille actuellement sur un projet de robot de terrain chargé de cartographier des terrains complexes en 3D. Mais également sur des plate-formes éducatives numériques à destination des pays en développement, un bras de préhension robotisé et même un dispositif de traduction immédiate.

Le projet SuperFlex consiste à développer un exo-squelette léger qui permettrait aux soldats d’accomplir des tâches plus facilement sans contrepartie de poids trop importante. C’est souvent l’inconvénient des exo-squelettes, ils sont encore beaucoup trop lourds. C’est pourquoi de nombreux chercheurs adoptent de nouvelles approches pour développer des produits innovants mais pratiques et donc viables. Le Wyss Institute de Harvard travaille pour sa part sur un prototype militaire bio-inspiré si fin qu’il doit venir se loger sous les vêtements du soldat. Le 26 avril, SRI International annonçait que son équipe SuperFlex volerait désormais de ses propres ailes, devenant elle-même une spin-off, d’une spin-off… A l’instar du projet ExoSuit de Harvard, Superflex a vu le jour dans le cadre du programme Warrior Web organisé par l’Agence de Recherche pour la Défense américaine (DARPA).

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Outre son design particulièrement futuriste, la combinaison SuperFlex embarque en réalité un système musculo-squelettique destiné à assister une personne blessée ou handicapée mais également à améliorer et augmenter les capacités existantes des soldats. La toute nouvelle entreprise sera dirigée par Rick Mahoney (directeur de la branche robotique depuis 7 ans) sur le campus de SRI à Menlo Park, figure de la Silicon Valley, située à deux pas de Palo Alto. « L’indépendance de Superflex apporte une nouvelle preuve de l’immensité du talent et de la productivité de notre équipe de recherche en robotique » explique Manish Kothari, président des filiales de SRI.

Mais la séparation n’intervient évidemment pas au hasard du calendrier. L’équipe de SuperFlex espère annoncer son produit avant la fin de l’année. Son marché de choix n’est étonnamment pas le militaire. L’ExoSuit de Harvard ayant remporté le concours de la DARPA, SuperFlex investit un marché encore relativement vierge : celui du civil et du b2b (business to businesss). Car l’entreprise entend bien concurrencer les poids lourds du secteur comme Panasonic qui a lancé toute une gamme d’exo-squelettes en mars, Hyundai et son Iron Man Suit, ou bien encore le français Rb3D, déjà présent avec ExoPush, un exo-squelette de chantier.

Car s’il y a « le potentiel pour créer des produits qui augmenteront les performances humaines, comme dans les sports extrêmes, il y a encore trop de monde qui ne dispose pas des atouts pour vivre une vie normale, en termes de mobilité et de rapport au monde » a indiqué Rick Mahoney au site TechCrunch. Car si le militaire est un marché fructueux, il n’est rien en comparaison du civil qui compte plus de 7 milliards de clients potentiels. SuperFlex n’est pas dupe : « Notre priorité est d’en faire un produit international et global« .

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Crédits Photos : SRI International et Wired.


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  1. jenesaispas

    SuperFlex changera le monde !