Toucher les parties intimes d’un robot ? Pas question, disent les sujets de cette expérience

Nao aldebaran

Un simple humanoïde pourrait-il concurrencer Roxxxy, le premier robot sexuel au monde de la mal nommée société True Companions ? C’est en tout cas ce que les conclusions du chercheurs Jamy Li de la prestigieuse Université de Stanford semble indiquer. Car il semblerait que le petit Nao de chez Aldebaran fasse sensation chez ses interlocuteurs.

Et pas n’importe comment ! Pour ses travaux de recherche dans le cadre du « Human-Robot Interaction & Virtual Reality Labs », Jamy Li, a invité 26 témoins humains à participer à une expérience inédite. A Nao de leur donner les instructions : d’abord, l’humanoïde a demandé à ses interlocuteurs de le toucher ou de pointer son doigt vers lui. Deuxième étape, Nao les a invités à venir toucher ou pointer du doigt ses membres. Et ce, pour finir par leur apprendre le terme médical exact de chacun des membres visés. Au terme de l’exercice, le témoin a dû toucher 13 parties du corps de Nao, y compris celles qui sont « difficiles d’accès » ou délicates à toucher, comme l’entre-jambe ou le postérieur. Et c’est là que l’humain pêche.

Lorsque Nao a demandé à ses interlocuteurs de le toucher à des endroits peu habituels, les humains ont fait preuve d’excitation émotionnelle et physiologique, semblable à celle qui peut naître entre deux personnes. Nombre des sujets qui ont participé à l’expérience aurait ainsi été particulièrement réticent à l’idée de toucher les parties intimes de Nao. Un blocage qui démontre que s’établit en réalité une relation sociale à proprement parler entre les deux sujets. Les codes sociaux et moraux faisant irruption dans l’interaction alors même que l’un des deux acteurs est un robot. Avec ce Nao en plastique coloré, on est pourtant bien loin des robots humanoïdes qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à des êtres humains.

Interrogée par Wired, la chercheuse et activiste de la Campaign Against Sex Robots, Kathleen Richardson, a fait part de son scepticisme : « Je pense que cette étude fait plutôt état d’une vision animale et Pavlovienne de la sexualité humaine, le désir est plus complexe que cela. Cela a pu provoquer une réponse physiologique chez les témoins, tout simplement parce que cela semblait gênant ou dangereux« . Pour empêcher toute dérive sexuelle, Aldebaran avait fait signer aux acheteurs de Pepper une clause spécifique, les interdisant d’avoir des relations sexuelles avec leur robot.

Mais le jeune chercheur qui travaille sur ces questions depuis 2012 est plus modeste, ses recherches l’ont simplement amené à conclure que « les robots représentent une nouvelle forme de médium particulièrement puissante. Cela montre que les gens répondent aux robots de façon primitive et sociale« . Il entend par là que malgré nous, lorsque nous interagissons avec un robot, nous ne pouvons nous empêcher de reproduire les mêmes schémas intuitifs et d’exprimer les mêmes réserves,et hésitations.

Selon lui, « les conventions sociales qui gouvernent notre façon de toucher les parties intimes d’autrui s’appliquent de la même manière à un robot« . Et de conclure que ces recherches auront des répercussions notables dans les domaines de la conception de robots et de la théorisation des systèmes artificiels.

Un sondage mené par l’université de Middlesex en 2014 avait déjà apporté les prémisses de cette tendance émergente. Selon cette étude, 1 britannique sur 5 se déclarait prêt à avoir des relations sexuelles avec un robot. En 2013, un sondage YouGov estimait que 18% des américains imaginaient qu’il soit possible de coucher avec un robot d’ici 2030, quand 9% ne diraient pas non.

Dans son livre Love and Sex with Robots, David Levy reconnaît que les relations homme-robot finiront par se banaliser, sans pour autant cacher ses interrogations quant aux modifications qui devront être apportées au cadre légal régissant ces rapports. Un robot pourra t-il se marier ? Si vous pensiez que le débat sur le mariage homosexuel était particulièrement houleux, attendez de voir ce qu’il en sera sur le mariage robot-humain !


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