Une machine qui analyse vos yeux et détecte les mensonges

Affaire Cahuzac oblige, on peut se poser la question du détecteur de mensonge. Est-ce qu’on aurait pu éviter d’en arriver là en utilisant un robot qui aurait tout de suite détecté que l’homme politique cachait la vérité ? Est-ce que les solutions artificielles actuelles sont suffisamment fiables ? Une équipe de chercheurs américaine est en train de mettre au point une nouvelle méthode de détection de mensonge sur ordinateur.

En se basant sur les travaux de psychologues qui étudient les indices du visage humain qui témoignent d’un mensonge, des chercheurs en informatique de l’Université de Buffalo (UB) à New York, sont en train de développer un algorithme pouvant repérer les fluctuations qui s’opèrent lorsqu’une personne ment.

Lors d’une expérience basée sur 40 conversations filmées, leur machine s’est trompée 1 fois sur 5, c’est-à-dire, qu’elle est parvenue dans 82,5% des cas à détecter si la personne mentait ou non. Un score bien plus élevé que celui enregistré lorsque la détection est fait par l’homme, qui en général, atteint 65% de réussite.

« Nous cherchions à comprendre s’il y a des signaux émis par le visage qui indiqueraient que la personnes est en train de mentir, et si un robot peut les détecter ? La réponse est oui dans les deux cas. » dit Ifeoma Nwogu, chercheuse au Centre de biométrie et capteurs de l’université de Buffalo (CUBS).

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Le professeur Mark G. Frank, spécialiste du comportement à l’UB, a longtemps étudié les expressions faciales et la tromperie. Il a tenté par le passé d’automatiser la détection du mensonge en utilisant des systèmes qui analysent les changements de chaleur corporelle ou examinent les changements d’expression faciale.

Le nouveau système développé en 2012 utilise un tout autre type d’analyse. Il se concentre sur le mouvement des yeux, et utilise un modèle statistique basé sur la façon dont les gens font bouger leurs yeux dans deux situations différentes : pendant une conversation ordinaire, et lorsqu’une personne est confrontée à une question incitant au mensonge.

Les résultats sont très encourageants, bien que l’expérience ait porté sur un petit échantillon. Mais ce dernier était très varié, puisque ont participé des personnes ayant des couleurs de peau différentes et portant des accessoires telles que des lunettes. La prochaine étape sera d’étendre le nombre de sujets étudiés et développer un système automatisé analysant le langage corporel, en plus du mouvement des yeux.

En attendant la sortie d’un robot détecteur de mensonge, vous savez ce qu’il vous reste à faire : analyser les yeux de quelqu’un et dans 65% vous ne vous tromperez pas.


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