Visite guidée dans les coulisses de Dassault Systèmes

Immersion au 3DExperience Lab de Dassault

Nous avons eu l’occasion de visiter les locaux de Dassault Systèmes. Voici les deux principaux moteurs de l’innovation, le 3DExperience Lab et la Réalité Virtuelle.

Bien loin de l’image de géant de l’industrie aéronautique de Dassault Aviation, Dassault Systèmes (3DS) a fait de l’innovation son cœur de métier. La branche logiciels du groupe, baptisée 3DExperience a d’ailleurs bénéficié d’une année de forte expansion, avec un chiffre d’affaires en hausse de 12% pour atteindre 2,88 milliards d’euros en 2015. Pour sa première année du plan de croissance (35% de croissance prévue entre aujourd’hui et 2019), la stratégie d’innovation de 3DS semble porter ses fruits. Le tout nouveau 3DExperience Lab en est la preuve la plus poignante.

Le 3DExperience Lab

Des ordinateurs, des outils et des espaces de co-working et de mentoring. Le lab n’est pas très grand puisque la vocation de ce programme « est d’être un incubateur numérique qui se fait avant tout à distance dans le monde entier » explique Frédéric Vacher. Ici, place à l’innovation. Le 3DExperience Lab est une initiative unique en son genre. Il s’agit d’un « petit » (vous verrez pourquoi) écosystème où cohabitent professionnels, start-ups, makers et experts de 3DS. « Pendant 30 ans nous avons innové avec l’industrie mondiale, mais aujourd’hui, l’innovation est aussi avec les start-ups et les makers, car un individu peut être beaucoup plus facilement en capacité d’innover qu’il y a 15 ans. Nous avons donc adapté notre offre à cet état de fait« . Le but de cette offre ? Faire germer les graines d’innovation. Des graines venues du monde entier grâce au solide réseau international de Dassault. Le groupe mène actuellement des projets ambitieux à tous les coins de la planète.

A Singapour c’est une véritable smart city qui est en cours d’élaboration. La très riche cité-état a pu s’offrir la qualité des logiciels 3DExperienceCity pour numériser les moindres recoins de sa ville. Grâce à cette maquette 3D numérique, la municipalité s’offre un point de vue global sur l’organisation de son territoire et s’offre par la même, un outil unique en son genre pour s’essayer à mieux gérer l’immobilier, le choix et la répartition de ses futures infrastructures, en fonction de la densité, de la topologie, de la lumière, des phénomènes climatiques etc. Une expérience unique à laquelle Rennes a également pu goûter à l’occasion de la COP21.

D’ailleurs, nous avions eu l’occasion de vous présenter ce laboratoire créé en 2015 sous l’impulsion de Frédéric Vacher, actuel directeur du 3DExperienceLab, dans notre troisième numéro d’H+ Magazine.

3DExperience-Lab-Dassault-systemes

Comment ça marche ?

Avant de figurer parmi les start-ups sélectionnées et épaulées par 3DS, il faut en passer par un long parcours de brainstorming, d’échanges et de challenges de son projet. Il existe six grandes thématiques : ville (smart city), vie (santé), style de vie (consumer electronics), IoT, Fablab (makers) et idéation pour les nouvelles pratiques d’innovation.

Chaque trimestre plusieurs start-up peuvent rejoindre le programme pour un an, renouvelable une fois. Elles ne bénéficient d’aucune aide financière à proprement parler, mais simplement d’un écosystème d’innovation et de travail de premier choix. Tout cela grâce à la gamme de logiciels pro que 3DS met à disposition des entrepreneurs et d’un large réseau d’experts et de mentors. Ce système de mentoring est un point crucial du Lab. Chacun des 14 000 employés de Dassault peut décider de prendre jusqu’à 10% de son temps de travail pour le consacrer à l’aide des start-ups du Lab. Une plate-forme très pratique a été mise en ligne pour permettre à chacun de trouver un projet qui lui convienne. Pour chaque projet, il y a toute une série de problématiques qui ont été définies, et chacun peut se porter volontaire pour répondre ne serait-ce qu’à l’une d’entre elles. Aussis mineures soient-elles, elles peuvent s’avérer très utile par la suite. Selon Frédéric Vacher, ce que 3DS apporte aux jeunes entrepreneurs, ce sont tout simplement « des espaces et des outils de liberté » qui leur permettent de donner vie à leurs idées. Car 3DS ne tire aucun bénéfice matériel de cette initiative, mais conforte son image de groupe innovant tout en contribuant à concrétiser des projets entrepreneuriats disruptifs qui pourraient à l’avenir profiter à ses services.

Les machines du 3DExperience Lab de Dassault systemes

Quels projets ?

Parmi les projets actuellement hébergés au Lab figurent la construction additive des imprimeurs du futur, XtreeE. Ils devraient très prochainement entamer leur première construction de béton. Pour cette start-up, l’aide de 3DS est venue de leurs logiciels et ordinateurs mais aussi de leur réseau de contacts. Aussi, le groupe Lafarge se charge à présent de concevoir des bétons nouvelle génération pour fonctionner avec l’imprimante 3D de XtreeE et les robots de ABB. Une triple alliance facilitée par le solide réseau de Dassault et qui aura au moins permis à la petite société de nouer d’emblée des partenariats avec de très gros acteurs de l’industrie.

Dans la catégorie Fablab, on retrouve le drone open-source des premières heures du Lab. A première vue, rien de nouveau, si ce n’est que l’engin est en réalité à la fois un quadricoptère et un drone à ailes fixes ! L’ingéniosité de cette invention a été de retenir les avantages des deux types d’appareils, à savoir le décollage vertical, très pratique mais énergivore, et l’aile fixe pour une durée de vol allongée et stabilisée.

Le drone open-source à décollage verticale et ailes fixes du Lab

Drone open-source à décollage vertical et ailes fixes de 3DExperience Lab

La start-up Biomodex tire également son épingle du jeu dans la catégorie Vie avec un système d’impression 3D d’organes sur-mesure. Cette technique permet ainsi de reproduire à l’identique, grâce à une numérisation à l’aide d’un simple scanner IRM, les organes d’un patient pour bien étudier son corps et optimiser l’opération chirurgicale. Cette offre pourrait également être très bénéfique pour les écoles de médecine, qui travaillent encore majoritairement sur des corps biologiques et donc en quantité relativement limitée. Rien de tel pour étudier les moindres recoins du corps humain que d’en reproduire des copies conformes. Côté apport de 3DS à la concrétisation du projet, ce n’est pas tant l’expertise des mentors que la simple fourniture d’ordinateurs performants à prix réduits qui leur ont permis d’aller au bout de leurs idées.

Parmi les start-up qui ont intégré le programme dès son ouverture, il y a donc XtreeE, Open-source Drone etBiomodex, mais aussi Open Space Agency (qui promeut l’exploration spatiale ouverte), Living Heart (impression 3D du coeur) et Magnisense (biotechnologies).

Catalyseur de talents et accélérateur d’innovation

L’objectif de la plate-forme 3DExperience c’est « d’aider de grands projets ouverts disruptifs et non pas incrémentaux, qui soient avant tout collaboratifs puisque ce que nous voulons c’est révolutionner un sujet en particulier » précise Frédéric Vacher. « Challenger l’innovation pour transformer la société » tel est le crédo du programme.

Mais pour en arriver là, chacune de ces start-up a dû passer par un long parcours du combattant. Car pour espérer retenir l’attention du comité de sélection, les candidats doivent remplir trois grands critères d’éligibilité et doivent représenter une « innovation de rupture dans les services ou les produits, qui fassent appel à l’intelligence collective et qui transforment positivement la société« . Tels sont les trois grands critères d’éligibilité pour intégrer le programme.

Si l’idée déposée fait ses preuves, elle est intégrée sur une plate-forme avec ses principes de fonctionnement propre et « sa méthode d’innovation innovante« . Interne à l’entreprise, cette plate-forme en ligne rassemble tous les logiciels de 3DS, un fil d’actualité et un certain nombre d’utilisateurs qui se regroupent en communautés. Pour chacune de ces communautés privées, des outils spécifiques sont mis à disposition pour amorcer la chaîne d’innovation de façon non structurée pour ne pas la brider. Une fois sur le site, l’idée entre dans un entonnoir de l’innovation, un outils spécifique maison qui permet de visualiser les processus d’innovation. L’idée démarre sous la forme d’une petite bulle, qui va ensuite remonter progressivement l’entonnoir et grossir à mesure que le nombre d’interactions au sein de cette bulle grandit. Lorsque l’on clique sur une de ces bulles, on peut accéder au contenu du projet : actualités, questions, réponses…

La bulle va grossir et grossir jusqu’à atteindre la phase de pré-pitch, ultime étape de vérifications sur la viabilité du projet. Le jour J, les innovants disposent d’une session de pitch de six minutes. Session retransmise en direct sur la plate-forme d’innovation du groupe Dassault et donc visible par l’ensemble de la communauté professionnelle interne qui peut commenter en temps réel le projet. Si le projet est validé, il entre officiellement dans la boucle 3DExperience Lab. Ses porteurs disposeront de toute la gamme de logiciels 3DS et d’un espace sur le cloud, mais aussi et surtout de mentors (des volontaires parmi la base de 14 000 employés de l’entreprise). Tous pourront accompagner la start-up dans son travail, même à l’autre bout du monde.

L’objectif principal de cette initiative est donc de trouver les nouveaux talents disruptifs, mais aussi de nouvelles façons d’innover et de nouvelles façons de donner vie à l’innovation dans un éco-système à la fois ouvert et professionnel.

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Retrouvez toutes les informations sur les projets et les modalités d’inscription sur ce site.


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