Viva Tech : des drones parés pour le décollage

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Focus sur quelques entreprises innovantes en matière de drone, vus lors de la seconde édition de Viva Technology qui s’est conclu samedi dernier.

Selon les analyses du cabinet Gartner, le marché des drones devrait atteindre 6 milliards de dollars en 2017. Près de trois millions d’appareils devraient être produits, soit une hausse de 39%. Et d’ici 2020, les perspectives font même état d’un marché atteignant 11,2 milliards de dollars… C’est dire l’enjeu pour ces appareils aux trajectoires bien différentes selon le domaine d’application.

vivatech-drones-fdacheux-1 Thibaud Plumard, commercial chez Drone Volt.

Réunies dans les allées du Parc des expositions de Paris au côté de 5000 start-up et plus de 1000 investisseurs, les entreprises spécialisées dans la fabrication de drones ont joué des coudes pour sortir du lot au coeur de ce Viva Tech 2017 davantage porté sur l’intelligence artificielle, la big data et la réalité augmentée.

Rencontre avec Thibaud Plumard, commercial chez Drone Volt, une star-tup francilienne spécialisée dans les solutions de surveillance aérienne : « Nous présentons notre Hercules 5 UF. C’est un drone relié par cable à une station de charge au sol qui permet au drone de voler de façon illimitée. Sur ce drone, nous avons mis en place deux caméras pour des usages différents : surveillance, recherche de personnes, accidentologie, transport, BTP, agriculture. Elles sont reliés directement sur l’ordinateur. Il y a une caméra thermique pour tout ce qui est recherche de personnes, déperdition de chaleurs. Et une caméra zoom pour les transports routiers par exemple. Nos principaux clients sont pour le moment la gendarmerie, la police et l’armée. Mais nous sommes ouverts pour les particuliers ».

Leader français du drone civil, Drone Volt s’est donc spécialisée dans la fabrication, le montage et la distribution de drones professionnels et grand public depuis sa création en 2011. Drone Volt, c’est aujourd’hui plus de 1000 références en ligne. « Toutes nos solutions viennent du cerveau de nos ingénieurs en R&D. Nous avons beaucoup de demandes pour surveiller des sites, des carrières ou des sites plus sensibles », poursuit Thibaud Plumard.

vivatech-drones-airobotics La gamme Optimus de Airobotics.

Dans les allées, il y avait également les drones sans pilote d’Airobotics bien décidés à conquérir les villes. Start-up israélienne, Airobotics a notamment développé une plate-forme robotisée qui automatise le déploiement de drones pour récolter des données. Transporter des organes dans l’e-santé, des produits dans l’e-commerce, du BTP ou encore intervenir sur des incendies… Telles seront les missions à moyen terme de ces drones capables de se déplacer seuls dans une ville quadrillée par l’intelligence artificielle. « Cela va prendre au moins 10 ans », affirme Efrat Fenigson, la VP marketing d’Airobotics qui a déjà levé plus de 27 millions de dollars depuis sa création en 2013. Le drone Optimus fait notamment partie de ses vedettes. Relié à un logiciel d’analyse des données et autonome pendant 30 minutes, il dispose de son propre parachute et peut également emporter un objet d’un kilo.

vivatech-drone-africa Aboubacar Alkassoum et Abdoulaziz Kountche de Drone Africa Service.

Par ailleurs, sachez que l’on fait également du drone en Afrique. Plus précisément en Afrique de l’Ouest au Niger où Drone Africa Service se développe depuis novembre 2016. Basée à Niamey, la société intervient dans des secteurs variés. « Nous proposons des services de cartographie, de photographies et de relevés aériens avec traitement de données pour l’agriculture de précision, l’environnement, la lutte anti braconnage, la surveillance des frontières, l’événementiel ou la communication », explique le directeur général Abdoulaziz Kountche, passionné d’aéromodélisme depuis tout petit.

Concepteur et réalisateur d’objet volants radioguidés, autonomes et semi-autonomes, Abdoulaziz Kountche est bien décidé à aller au bout de son projet dans une région du monde sur laquelle personne n’aurait parié. Il mise notamment sur ses T800 et T600, qui volent en autonomie pendant 1 à 2h dans un rayon d’action de 20 à 80 km.  « Nous avons conçu une douzaine de drones en se basant sur nos contextes tels que la chaleur. Ils sont très robustes. Nous travaillons beaucoup avec les organisations humanitaires. Nous sommes parvenus à cartographier des sites de réfugiés dans la région de Diffa dans l’Est du Niger. Nous faisons aussi du suivi de mouvement de population. Ils seront bientôt sur le marché. Nous nous développons à un rythme exponentiel. Il faut savoir les fabriquer en Afrique. C’est aussi de la main d’oeuvre qu’on est en train de créer. Pourquoi pas ensuite proposer nos produits au marché européen et au reste du monde ».

vivatech-isep-drone Thierry Lincoln, étudiant à l’Institut Supérieur d’Electronique de Paris.

Du côté de la jeunesse créative, Viva Tech avait invité de nombreux étudiants. Soutenu par la Fondation Orange, le travail de Thierry Lincoln, étudiant à l’Institut Supérieur d’Electronique de Paris, est légèrement différent. Son crédo ? Le hardware et la programmation. « Par rapport au drone, l’idée est de proposer différents robots qui sont adaptés à de l’enseignement. Le drone rassemble l’ensemble des compétences techniques nécessaires à l’ingénieur dans le numérique. Il y a des télécommunications, de l’électronique, des processeurs, de la physique, des mathématiques. Ce que l’on souhaite faire, ce sont des procédés DIY en ligne, en vendant des cartes électroniques programmables et des petits hardware en carton assez solides. La personne pourra ainsi apprendre au fur et à mesure comment faire un drone ». Pas bête.

vivatech-drone-sncf Nicolas Pollet, directeur général d’Altametris, filiale de la SNCF.

Jeudi dernier, Altametris, une filiale de la SNCF dédiée aux drones, a réalisé une démonstration des utilisations des drones sur le réseau ferroviaire. Grâce à des systèmes de mesure photographique, laser ou infrarouge, les drones pourront inspecter l’ensemble du réseau de la SNCF en temps réel, fournir les plans en 3D des infrastructures à rénover ou contrôler la sécurité. Et ce sans perturber le trafic ! « Les choses vont évoluer très vite sur le terrain. Plutôt que de partir sur un drone bardé de capteurs, nous aurons des essaims de drones plus légers et munis d’un seul capteur chacun », explique Nicolas Pollet, directeur général d’Altametris et ses 20 ingénieurs qui mènent leurs travaux en partenariat avec l’Office national des études et recherches en aérospatiale (Onera) et l’Institut national des sciences appliquées (Insa). Pour l’heure, la flotte compte 12 drones, tels que un Phantom IV Pro de DJI pour les prises de vue ou le Bebop de Parrot.

vivatech-drones-zephyr La gamme Zephyr, des drones satellite de haute-altitude développés par Airbus.

Enfin, il y avait aussi toute la gamme Zephyr, ces drones satellite de haute-altitude qui fonctionnent à l’énergie solaire (High Altitude Pseudo-Satellite). Développés par Airbus, ces drones d’un nouveau genre diffèrent des drones classiques notamment en termes d’autonomie. Connectés en permanence, ils sont capables de capter des images dans un périmètre de 400 km et transmettre des vidéos HD en quelques secondes. Idéal pour des missions d’observation. Etait présente également la start-up californienne Matternet qui a développé un système de livraison par drone. Sa première expérience de livraison par les airs d’échantillons sanguins entre différents hôpitaux a été réalisé à Lugano en Suisse. Le drone peut notamment définir à l’avance ses trajectoires afin d’éviter plus facilement les obstacles.

vivatech-pmu-drone Le Lab PMU a organisé des courses de drones pilotés à distance.

Tout cela pour dire que les applications professionnelles n’en finissent plus de se développer. Certes, les ventes de drones destinés au grand public pour une utilisation loisir dépassent les appareils à vocation professionnelle. Mais la tendance pourrait s’inverser très prochainement, à mesure que les applications professionnelles vont se développer. En tout cas, le PMU a lancé les paris en organisant samedi une première mondiale : des courses de drones sur l’hippodrome de Paris Longchamp dont le pilotage s’est effectué à distance depuis le Lab PMU de Viva Tech. Le pilotage de drones à distance n’avait encore jamais eu lieu dans le civil. Les chevaux n’ont qu’à bien se tenir !


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