Véhicule autonome : les cinq informations à retenir du week-end

Mise à jour de l’Autopilot de Tesla, lancement d’une voiture autonome imprimée en 3D par Local Motors, acquisition de Fujitsu Ten par Toyota, SpotHero, l’appli qui rêve de parking autonome et enfin Volvo Truck et son trailer digne d’un film d’horreur. Le week-end a été riche en actualités pour le secteur bouillonnant de la voiture autonome. Retour sur les cinq informations principales.

Volvo Trucks sort un teaser digne d’un film d’horreur

La dernière vidéo publiée par le constructeur suédois a tout d’un film à suspens. Jouant volontiers avec les codes du genre – et avec les craintes suscitées par l’automatisation -, Volvo Trucks a tourné un court film pour présenter les premiers essais de ses camions autonomes en conditions réelles. Avec un fond sonore inquiétant, des images assombries et bleutées par l’obscurité et le tout se déroulant dans une mine à « 1320 mètres sous la surface de la Terre« , ce clip vidéo digne d’une bande-annonce de film d’horreur ne manque pas de viser dans le mille.

Toyota acquiert Fujitsu Ten

Le groupe automobile japonais poursuit sa stratégie de développement du véhicule autonome. Tout juste avait-il accordé 22 millions d’euros à l’Université du Michigan pour tester ses voitures sur son campus, que Toyota met la main sur une société de fabrication de mini-radars Fujitsu Ten.

Lorsque l’accord prendra effet en mars 2017, Toyota détiendra 86% de la compagnie par le biais de sa filiale Denso (dont elle possède 30%), le reste restera dans les mains de Fujitsu. Il s’agit plus d’une reprise en main que d’une acquisition dans la mesure où les trois entreprises collaboraient déjà depuis plusieurs années sur un projet de radar 3D présenté comme révolutionnaire. Un radar qui, à l’instar du LiDAR, devrait être en mesure de réaliser des reconstitutions 3D au millimètre près et avec un champ de vision plus large. Après plus de 40 ans de participation au capital de Fujitsu Ten, Denso et Toyota ont décidé de l’engloutir. Preuve s’il en est que le géant japonais entend bien garder cette technologie sous contrôle pour ses futurs véhicules autonomes, prévus pour 2020.

Tesla communique sur la nouvelle version d’Autopilot

En parlant de technologie radar, les voitures autonomes de Tesla Motors en sont les principaux destinataires. Jusqu’à très récemment, Elon Musk misait la vision de ses véhicules avant tout sur un système de caméra. Malheureusement un événement tragique concernant le fameux logiciel de pilotage automatique est venu se glisser dans l’actualité bouillonnante de Space X. Si bouillonnante qu’elle en a occulté ce second incident. En effet, alors que la presse mondiale s’extasiait devant la fusée Falcon 9 prise par les flammes, une seconde Model S était impliquée dans un accident mortel. Le premier accident avait concentré toute la vindicte médiatique, mais le second n’a suscité que peu d’intérêt. Tant mieux pour l’entreprise puisque la responsabilité du logiciel automatique a fini par être exclue dans ce second accident. Et pour cause, il n’était tout simplement pas activé.

Hasard du calendrier, c’est hier, soit quelques jours après l’événement tragique, que le patron de Tesla Motors en a profité pour publier les notes de mises à jour du logiciel clé de ses voitures autonomes, l’autopilot.

Cette mise à jour met en avant le principal enseignement que le constructeur a retenu du premier accident. De nombreux détracteurs lui avaient reproché son entêtement vis-à-vis du radar, qu’il avait toujours relégué au second plan.

La version 8 est, promet-il, « l’amélioration la plus importante jamais apportée à l’Autopilot« . Dans sa huitième version, le logiciel reconstituera une cartographie 3D de son environnement grâce à des radars embarqués.

Si tous les véhicules post-2014 ont été équipés d’un radar, celui-ci n’avait jusqu’à présent été considéré que comme un capteur additionnel aux caméras, principales actrices du traitement des images. Dans une publication sur son blog, Elon Musk prend acte de ses échecs et annonce « qu’après mûre réflexion, nous pensons désormais qu’il peut être utilisé comme capteur de premier plan« . Une réponse claire et nette à ses détracteurs qui critiquaient le manque de fiabilité des seules caméras, notamment lorsque les couleurs sont vives et brillantes à cause du soleil.

Le premier accident aurait eu lieu parce que le logiciel n’a pas su distinguer la carrosserie blanche et étincelante du camion. Or, le radar n’est pas directement impacté par les changements de luminosité mais est en réalité facilement trompé par d’autres conditions. Une tromperie qui, à en croire, Musk, est néanmoins utile : « Les photons de cette longueur d’ondes voyagent facilement à travers le brouillard, la poussière ou la pluie, mais tout ce qui est métallique ressemble à un mirroir. Le radar peut voir les gens, mais ils sont presque translucides. Les objets en bois ou en plastique peint, bien qu’ils soient aussi opaques qu’une personne, sont en fait presque aussi transparents que du verre aux yeux du radar » explique-t-il sur son blog. « De l’autre côté, toutes les surfaces métalliques avec une forme plate ne sont pas seulement réfléchissantes, elles amplifient le signal bien au-delà de la taille réelle de l’objet« . Aussi, le radar est semble-t-il trop efficace, il tend à sur-interpréter l’envergure d’un objet réfléchissant.

Selon lui, le vrai défi, c’est de parvenir à utiliser le radar à son avantage en profitant de cette faille apparente. Le tout étant de concevoir un logiciel capable de cette prouesse. C’est ce que la version 8 de l’Autopilot est censée faire en réalisant de multiples traitements d’images en un temps record afin de réévaluer l’envergure d’un objet à chaque instant, avant de freiner pour de bon. La clef de voûte de cette nouvelle version de l’Autopilot, c’est qu’elle est maintenant capable de commencer à freiner quand bien même elle n’aurait pas correctement estimé la taille d’un obstacle, de manière préventive donc.

Interrogé au sujet du LiDAR, Musk aurait répondu qu’une telle technologie n’était pas indispensable car elle ne perçoit pas bien à travers la poussière, la pluie et la neige.

Néanmoins, si l’objectif ultime est la sécurité absolue, on peut penser, qu’à l’avenir, les logiciels des véhicules autonomes conjugueront les avantages de chaque type de capteur.

L’appli qui se rêve en AirBnB des parking

SpotHero est une nouvelle application digne des start-up de la Silicon Valley : un principe simple, un accès rapide, et un service immédiat. Surfant sur la vague des applis de services, SpotHero est à mi-chemin entre Uber et AirBnB. Avec elle, vous pouvez chercher et réserver en deux clics une place de parking dans un rayon proche. Depuis 2012, elle a déjà levé plus de 22 millions de dollars et compte bien pousser son développement… jusqu’à l’avènement du véhicule autonome. Car l’intérêt de SpotHero, c’est de faire le lien entre le parking et l’utilisateur.

Et, à la manière du français Stanley Robotics, dont le robot supervise la distribution des places de parking, la start-up américaine entend profiter du boom des véhicules connectés pour faire exploser son offre.

Grâce à elle, vous pourrez réserver non seulement une place mais un véhicule autonome dont la place de parking sera choisie selon des critères précis qu’il vous appartiendra de juger : prix, sécurité et proximité. Le service est d’ores et déjà actif pour les vielles charrues à essence et se targue de proposer des prix à moins 50% grâce à des partenariats avec les endroits clés de chaque ville.

Fly-Mode, la voiture imprimée en 3D

Vous vous souvenez de Local Motors ? Cette compagnie technologique qui a lancé l’un des premiers mini-bus autonomes aux Etats-Unis. Dans sa plus pure tradition de co-création, la start-up a donné un nouvel exemple de design révolutionnaire, autant par sa méthode de fabrication que par son utilisation. Son dernier projet en date est intitulé Essence of Autonomy prenait la forme d’un concours ouvert sur sa plate-forme en ligne de co-création. L’objectif étant de faire émerger des communautés créatives qui seconderont le savoir-faire technique de l’entreprise. Après 19 projets soumis et plus de 200 commentaires pour les améliorer, le projet Fly-Mode du designer lulu a finalement remporté les 6000$ et l’appel d’offres.

En plus d’être imprimé en 3D par les micro-usines de Local Motors, le projet souhaite accompagner le véhicule d’un drone aérien fournissant « un point de vue en hauteur contrôlé par un joystick« . Le tout sublimé par une projection panoramique sur le pare-brise des passagers.

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