A la découverte des fonds-marins de l’atoll de Wake avec le robot Little Hercules

le robot d'exploration sous-marin

Dans le cadre de l’expédition Wonders of Wake, le robot sous-marin Little Hercules explorera les profondeurs marines de l’atoll de Wake dans l’océan Pacifique.

Si la NASA a réussi à envoyer des hommes fouler le sol de la Lune, des rovers rouler sur la surface de la planète Mars et des sondes jusqu’à Jupiter, il reste toutefois sur Terre une proportion phénoménale de recoins encore inexplorés. Et ils se cachent tous dans les profondeurs marines. Car, oui, en 2016, près de 95% des fonds marins restent inconnus. Sachant que les océans représentent 70% de la surface de la planète bleue, il est légitime d’avoir envie d’y jeter un oeil d’un peu plus près. Mais, paradoxalement, c’est sur Terre qu’apparaissent les problèmes. La pression de l’eau et l’absence de lumière rendent le voyage sous-marin compliqué et dangereux. Malheureusement, l’exploration marine n’a pas connu le même engouement que la conquête spatiale du simple fait qu’elle n’a pas représenté l’once de la pomme de la discorde entre les deux blocs de la guerre froide.

Aussi, maintenant que les avancées technologiques ont permis aux hommes de s’aventurer dans l’Espace, ces mêmes technologies trouvent une application nouvelle dans l’exploration sous-marine. Car les contraintes sont plus ou moins les mêmes. Aussi, les robots robustes, pressurisés et autonomes qui explorent Mars et la Lune peuvent tout à fait convenir aux profondeurs des océans, tout aussi hostiles. Et inversement. Certains laboratoires se penchent sur l’exploration des milieux aquatiques pour développer des technologies et des savoirs qui pourraient bénéficier à leur tour à la conquête spatiale ou à l’humanité de manière plus générale. Par exemple, en 2010, on découvrait une méduse capable de régénérer ses cellules. Une autre mission d’exploration, OceanOne, a récemment mis à l’eau un humanoïde contrôlé à distance pour déceler les secrets de l’épave du Roi Soleil.

C’est pourquoi le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et son bateau Okeanos Explorer sont partis à la découverte des fonds marins, en quête de nouveaux éco-systèmes.

L’expédition Wonders of Wake

Du 27 juillet au 19 août, vous pourrez suivre en direct les pérégrinations de l’Okeanos dans les profondeurs de l’atole de Wake, situé dans les Iles Pacifiques du Patrimoine National Marin (PRIMNM) des Etats-Unis. Ce programme, baptisé Deepwater Wonders of Wake, doit permettre d’en découvrir plus sur ces îles isolées.

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La distribution territoriale de l’atoll de Wake est singulière du fait de son héritage tiré de la Seconde Guerre Mondiale. Le but de cette expédition est d’aider à mieux cibler la pêche pour qu’elle soit durable et responsable, tout en rapportant une série d’informations clés sur le fonctionnement et la biologie des écosystèmes sous-marins.

Cette mission sera assumée par un Remotely Operated Vehicule (ROV), un robot de télé-présence contrôlé à distance par les équipes de l’Okeanos Explorer. C’est la toute première fois que des hommes vont s’aventurer, par le biais d’un engin de télé-présence, à des profondeurs insupportables pour l’être humain, près de l’atoll de Wake. Explorer, observer et comprendre ces environnements inconnus, c’est peut-être en savoir plus sur le fonctionnement de notre planète. Comprendre les écosystèmes des profondeurs, c’est peut-être trouver de nouvelles solutions de lutter contre la pollution, trouver de nouvelles espèces, c’est la porte ouverte à de nouvelles découvertes scientifiques majeures. Ci-dessous, Seiros, le dispositif auquel est relié Little Hercules, le robot sous-marin, et qui sert de relai entre le bateau et le robot.

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Little Hercules est le véritable aventurier de l’expédition. Mais il est assisté de Seirios qui illumine son chemin et multiplie le nombre de capteurs embarqués sur Little Herc. Concrètement, ce robot peut s’aventurer jusqu’à 4000 mètres de profondeur. Il mesure 1,8 mètre de long pour 1,2 de haut et à peine plus d’un mètre de large, mais il pèse plus de 450 kg et a besoin de 800 watts de lumière pour y voir clair. A la manière de Scubo, son opérateur peut le diriger dans n’importe quel sens et avec une fluidité remarquable grâce à ses multiples propulseurs. Il peut se déplacer entre deux et trois nœuds (3,7 et 5,5 km/h).

L’équipage se relaiera pour mener des opérations quasi nuit et jour. Elle utilisera Little Hercules pour explorer et récolter des images tout en cartographiant les fonds. Le ROV sera déployé durant la journée entre 250 et 6000 mètres de profondeur jusqu’au 16 août, tandis que la nuit, l’équipage mènera des opérations de cartographie.

L’opération de télé-présence permettra non seulement aux chercheurs de diriger le robot en temps réel en récupérant des images vidéo, mais aussi de les transmettre en direct aux spectateurs qui souhaiteraient suivre l’expédition sur YouTube grâce à trois câbles de fibre optique reliant le centre de contrôle à bord et la machine. Certains chercheurs pourront donc participer à la mission sans même quitter leur institution tandis que d’autres resteront dans le centre de commandement de l’opération.

salle de contrôle de la mission Wonders of Wake

Plus de ressources sur les capacités de Seirios ici.


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